Au nom de Dieu, Le Clément, Le Miséricordieux.
«Vous avez, dans le Prophète d'Allah, un bel exemple pour celui qui espère en Allah et au Jour dernier...» (Sourate al-Ahzâb, 33 : 21).
Aperçu historique de la vie du Prophète Muhammad.
(Que la Paix soit sur lui et sur sa Famille purifiée.)
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Nom : Mohammad
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Naissance du Saint Prophète |
Titre : Al-Mustafa, Al-Amin, Ar-Rasoul | |
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Kunyat : (surnom)- Abul Qasim | |
Né le vendredi, le 17 de Rabi' Awal | |
Nom de son père - Abdullah Ibn Abdul Muttalib | |
Nom de sa mère - Amina bint-e-Wahab | |
Mort à l'age de 63 ans le lundi, 28 Safar 11 AH | |
Enterré dans sa maison adjointe à la mosquée de Médine. |
Qouraïch est le nom d'une tribu vivant dans la région du Hijaz, c'est-à-dire à l'ouest de la Péninsule Arabe; cette tribu était la plus célèbre et la plus prestigieuse de toutes les tribus arabes.
Le prestige de la tribu de Qouraïch revenait déjà au quatrième grand père de notre Prophète Mohammad (saw), Qauçaye fils de Kilèb qui avait l'honneur de gérer des affaires de la demeure divine : la Kaâba autour de la laquelle la ville de la Mecque était bâtie.
La tribu de Qouraïch était constituée de plusieurs grandes familles dont la plus honorables était celle des enfants de Hachem à laquelle appartient le Sceau des prophètes.
Hachem était très connu par sa générosité et sa grandeur d'âme et il était respecté par tous les habitants de la Mecque; en réalité sa réputation dépassait bien les limites de cette ville puisqu'il avait la fonction de préparer les repas des pèlerins de la sainte demeure à chaque saison de pèlerinage.
Hachem avait mérité son surnom depuis une année de sécheresse et de famine qui frappa la région et toucha sérieusement la tribu de Qouraych. A ce moment là, il fut le premier à avoir l'idée de faire cuire et distribuer un potage à base de pain, ce qui permit à tous les gens de manger à leur faim. En outre, Hachem était le premier à organiser les grands commerces de l'hiver et de l'été; méritant ainsi le surnom de Seyyed (maître : appellation qui reste jusqu'à nos jour comme spécification de da descendance).
Abdoulmoutalib et Abdoullah.
Après Hachem, Abdoul-moutalib lui succéda au pouvoir spirituel et moral de la tribu de Qouraych, et c'est à son époque que le roi d'Abyssinie, Abraha voulut détruire la Kaâba, et que par la puissance de Dieu, Le Tout Haut, ce mécréant et son armée furent détruits à la proximité de la demeure sacrée.
Ce grand miracle donna encore plus de prestige à Abdoul-moutalib qui vit ainsi sa position parmi toutes les tribu arabes fortifiée et consolidée.
Abdoul-moutalib avait beaucoup d'enfants, mais Abdoullah était parmi eux le meilleur et le plus aimable. Abdoullah avait vingt ans quand il se maria avec Amina fille de Wehb et le fruit de ce mariage béni fut notre maître et Prophète Mohammad (saw).
Enfance et jeunesse du Prophètes (SAW).
La naissance du Prophète eu lieu deux mois après l'année de l'éléphant, pendant laquelle l'armée d'Abraha fut détruite. Le père de notre grand Prophète décéda alors que sa glorieuse femme était encore enceinte.
Lorsque Amina mit au monde le plus prestigieux bébé de l'univers, il fut adopté par son grand-père Abdoul-moutalib; et c'est ainsi que Mohammad (saw) passa une bonne partie de son enfance sous la tutelle de son honorable grand-père qui était une véritable compensation divine de l'orphelinat de notre maître et Prophète(saw).
Depuis sa jeunesse, Mohammad (saw) jouissait d'une réputation hors du commun. Les gens de la Mecque ne l'appelaient que par des surnoms comme : le sincère, le probe etc... et ils consignaient chez lui leurs biens et argents. Mohammad (saw) aimait beaucoup les pauvres et avait l'habitude de partager ses repas avec eux. Il prêtait toujours l'oreille à leurs lamentations et n'épargnait aucun effort pour résoudre leurs problèmes.
Une fois, des jeunes de la Mecque établirent une alliance dite pacte des vertueux pour la protection des faibles et des opprimés et la défense de leurs droits contre tout prévaricateur ou oppresseur; Mohammad (saw) les joignit rapidement et leur prêta aide et soutien puisque les principes sur lesquelles ce pacte fut construit s'accordaient parfaitement avec sa morale.
Sous la demande de son oncle Abou-talib, Mohammad (saw) participa à l'une des caravanes commerciales de Khadija, dame honorable de Qouraïch, qui lui confia son commandement et sa gestion. Lorsque Khadija prit état des qualités morales de Mohammad (saw), elle lui proposa le mariage et il accepta. Khadija était une femme vertueuse et riche. Son soutien et dévouement sans faille pour son mari en font d'elle une femme exemplaire pour toute l'humanité.
Avec ces qualités, elle méritait bien d'être l'unique mère de la descendance purifiée du grand Prophète (saw). En effet, c'était elle qui mit au monde la prestigieuse Fatima (as), mère de Hassan(as) et Hussein (as) et leur soeur Zaynab; et c'était de Hussein (as), son petit-fils, qu'allaient naître les neuf Imams des Ahl-ul-Bayt, pour bénir tout l'univers.
Une étincelle de la sagesse de Mohammad SAW.
Dix ans après le mariage de Khadija et de Mohammad (saw), de grandes inondations submergèrent la Mecque et endommagèrent sérieusement la demeure sacrée. Les Qouraïch décidèrent alors de reconstruire la Kaâba, et toutes les tribus se partagèrent cet honneur. Lorsque la construction fut achevée et le temps de remettre la pierre noire à sa place arriva, toutes les familles de Qouraych se disputèrent l'honneur de son transport. Cette dispute ne tarda pas à dégénérer en une prémisse de bataille armée. A ce moment critique, Mohammad (saw) intervint pour calmer les esprits et ramener la paix et la concorde en proposant à toutes les tribus en querelle de participer toutes ensemble à ce grand honneur : C'est ainsi qu'il enleva son pardessus, le posa sur terre, prit la pierre noire avec ses propres mains, la remit sur son habit et invita toutes les tribus à la transporter en tenant le tissu chacun par un bout.
La Révélation.
Quand Mohammad (saw) eut ses quarante ans, il avait déjà l'habitude de quitter la Mecque pour s'abriter dans la grotte de Hira où il s'adonnait à l'adoration de Dieu, l'unique qu'il eût toujours connu et prié.
Au mois de Ramadan de cette année là, l'Ange Gabriel (Jibril) envoyé par Allah, apparut à Mohammad (saw)à la grotte de Hira et lui apporta la grande nouvelle : la prophétie et la mission d'être le Messager de Dieu.
Mohammad (saw) était en pleine
contemplation et son esprit était dans un état de dévotion absolu d'Allah, Le Tout puissant, lorsque l'Ange
Jibril l'appela par les paroles de d'Allah :"Lis au nom de
ton Seigneur qui a crée..."Il a créé l'homme d'un caillot de sang. Lis !
car ton Seigneur, est le Très Généreux qui a instruit l'homme au moyen du
calame, et lui a enseigné ce qu'il ignorait." Et c'étaient les premiers versets
du Saint Coran ( Sourate.96 V.1 à 5).
Mohammad (saw) descendit la montagne appelée de nos jours le mont Annour, se situant à environ six km de la Mecque et il se dirigea vers toute l'humanité à laquelle il fut chargé par le Seigneur des mondes de faire parvenir le message divin. La propagation de la foi pure fut d'abord enveloppée du secret, et les premiers à l'avoir adoptée étaient Khadija parmi les femmes et 'Ali (saw), cousin adopté du Prophète, parmi les hommes.
Le début de la répression.
Trois années passèrent, l'Islam se propagea lentement mais sûrement parmi les déshérités de la Mecque. Après quoi, l'ordre de Dieu, Le Tout Haut, parvint à Son Messager de déclarer le contenu de Son Message. Dans un environnement totalement hostile et complètement dévoué à l'idôlatrie, le messager de Dieu Mohammad (saw) déclara :"Je témoigne que point de dieu sauf Dieu et que c'est moi le messager de Dieu"
Après cette déclaration, les païens
idolâtres de Qouraïch attisèrent le feu de la haine et commencèrent à battre
le tambour de la guerre contre la foi de l'Islam dans laquelle ils voyaient un
danger mortel pour leurs intérêts et privilèges injustes. Au début, ils essayèrent de corrompre le
Messager de Dieu (saw)
et d'acheter son silence en lui proposant des fortunes
immenses et un pouvoir absolu sous condition d'abandonner la foi de l'Islam;
mais tous efforts étaient vains.
Quand les idolâtres de Qouraïch virent la détermination du Messager de Dieu (saw), ils optèrent pour la manière forte et entamèrent une oppression générale contre tous les adeptes de la nouvelle religion qui ne jouissaient d'aucune position sociale pouvant les protéger : Ainsi, les plus déshérités furent torturés à mort. Certains autres purent supporter la torture et survécurent, alors que d'autres musulmans jouissant d'une protection familiale ou tribale se virent ridiculisés et insultés là où ils allèrent. De surcroît, leurs biens furent saisis; et chaque fois que le rapport des forces tribales ou familiales le permettait, même leurs maisons furent pillées...
La guerre économique contre l'Islam.
Toute cette campagne d'oppression n'avait pu empêcher la foi de Dieu de se propager; tout au contraire, chaque fois que l'oppression prenait un aspect plus spectaculaires, le Message divin parvenait à encore à plus d'oreilles et de coeurs assoiffés de justice. Cette marche irrésistible du message de l'Islam amena les têtes pensantes de l'idôlatrie à essayer la méthode de l'isolement et du blocus total contre les proches de Mohammad (saw) et ses disciples.
Ainsi, les chefs de toutes les familles et tribus mecquoises signèrent un pacte selon lequel les proches du Prophète et ses disciples devraient être renvoyés de la ville et assignés à un boycottage total; et toute transaction avec eux fut interdite. Après quoi, les croyants furent encerclés dans un endroits appelé kom d'Aboutaleb où ils durent subir des conditions inhumaines d'isolement social et de privation totale.
L'encerclement des proches du Prophète(saw) était sans merci et leur besoins vitaux restèrent insatisfaits: l'approvisionnement en eau et en vivre était presque impossible et ce n'était que par des moments de la nuit que les fidèles du Prophète (saw) pouvaient leur faire parvenir quelques secours.
Ces petites violations du blocus n'avaient pas empêché la famine et la soif de faire un grand ravage parmi les victimes du blocus, et certains des proches du Prophète(saw) sont décèdés. Mais la résistance des musulmans était tellement farouche et spectaculaires que le blocus devint une source de désaccord et de discorde entre les idolâtres de Qouraych ; et de crainte que l'isolement économique des musulmans pût provoquer une sympathie générale parmi les arabes, les mécréants finirent par lever le blocus et commencèrent à préparer un plan pour la liquidation définitive du prophète(saw) et de ses adeptes; et dans une réunion secrète à la maison des congrès ( Dar ennadoua ) ils décidèrent d'assassiner Mohammad (saw).
La Hijra.
Par révélation, le messager de Dieu (saw) fut informé du plan des mécréants : il proposa alors à son cousins Ali (as) de venir dormir à sa place pour pouvoir quitter la Mecque la nuit même de l'attentat. Le fidèle cousin accepta la proposition de son maître sans aucune hésitation et le prophète (saw) put ainsi quitter la Mecque en pleine nuit sans que les ennemis s'en aperçussent.
Lorsque les mécréants attaquèrent la maison du Prophète(saw) pour exécuter leur complot, ils furent surpris de se trouver non pas devant Mohammad(saw) mais face à son fidèle cousin tout à fait prêt pour la bataille. Pris de panique, les mécréants s'enfuirent pour avertir les grands chefs de l'idolâtrie qui organisèrent aussitôt une grande campagne à la poursuite du Prophètes(saw).
Sous la protection divine, Mohammad (saw) échappa à ses poursuivants qui revinrent bredouilles à la Mecque. Après neuf jours de parcours, le Prophète de Dieu (saw) arriva à sa destination : la ville de Yathrib. Les habitants musulmans de cette ville lui réservèrent un accueil inouï et ils se disputèrent l'honneur de le servir...Et dans un endroit de la ville de Yathrib appelé Qibê, il ordonna de construire la première mosquée de l'Islam. Ce fut entamé avec enthousiasme exemplaire et le Prophète(saw) y participa lui-même.
Ainsi, la première prière de Vendredi après l'arrivée du Prophète (saw) à la ville de Yathreb fut établie dans cette mosquée bénie. Yathrib fut aussitôt rebaptisée El-Medina (la Médine ) par le Prophète (saw) lui-même qui y demeura parmi ses habitants appelés dès lors Ansar (c-à-d. soutenant, militants et sympathisant) pour enseigner le Coran et les sciences divines.
En attendant l'arrivée de son fidèle cousin 'Ali (as) auquel il avait la mission de restituer les consignes déposées chez lui à leurs propriétaires et de ramener avec lui les femmes et les enfants de Beni Hachem, le Prophète(saw) commença rapidement son action constructive. L'attente du Prophètes(saw) ne dura pas plus que trois jours au bout desquels son fidèle compagnon et soutien 'Ali (as) le rejoignit à Qibê après avoir rempli héroïquement sa mission.
II. Après la Hijra (Hégire)
Le premier état islamique
La rentrée du Prophète(saw) et
ses compagnons exilés avec lui à la ville de Médine était un évènement décisif
en Islam: c'est la grande Hijra, c'est-à-dire l'exil volontaire pour l'amour de
Dieu. Les musulmans de Médine étaient conscients de la
valeur de l'évènement et ils se disputèrent l'honneur d'accueillir le Prophète(saw) dans leurs maisons. Mais le Messager de Dieu
(saw) trancha rapidement les
discutions en informant tous ses accueillant que sa chamelle, sous l'ordre de
Dieu, va, elle-même, désigner son futur lieu de résidence provisoire. Et
devant l'impatience de tous les accueillant, la chamelle s'arrêta devant l'un
des Ansars appelé Abou Ayyoub qui eut l'honneur d'être l'hôte de la
personnalité la plus digne de l'univers.
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Bilal et d'autres compagnons du Saint Prophète (saw). |
Après l'arrivée du prophète (saw) à Médine, cette ville connut la paix pour la première fois depuis cent vingt ans pendant lesquelles ses deux grandes tribus: Les Aous et les Khazrejs s'entredéchiraient sans merci ; alors que les tribus juives voisines tiraient un grand profit et ne manquaient jamais d'attiser le feu de la guerre chaque fois qu'il commençait à s'éteindre.
Ainsi, la Hijra pacifia les deux tribus de Médine et annula le rôle diabolique de leurs voisin juifs... Et chaque fois que l'unité des Ansar était menacée par un nouveau complot, le Messager de Dieu(saw) intervenait pour ramener la paix.
Les musulmans immigrés à Médine devenaient de plus en plus nombreux et ils étaient généralement déshérités et démunis après la saisie de leurs biens par les idolâtres. Le Prophète(saw) fraternisa ces nouveaux venus les Ansars avec les exilés pour l'amour de Dieu appelés Mouhajirines la première société musulmane fut établie pour concrétiser les aspects sociaux du message de l'islam.
La défense de l'Islam.1. La bataille de Badr.
Pour protéger Médine contre toute incursion ou trahison, le Messager de Dieu (saw) conclut rapidement des pactes et des traités avec les tribus vivant au voisinage de la cité musulmane. Pour récupérer une partie des biens que les mécréants avaient saisis à la Mecque et pour réduire de l'autorité de la tribu de Qouraych parmi les Arabes, le Prophète (saw) organisa des incursions contre les caravanes commerciales des têtes de l'idolâtrie mecquoise.
C'était ainsi que le premier affrontement armé entre les musulmans et les idolâtres eut lieu aux alentours des puits de Badr, et ce fut alors la célèbre bataille de Badr qui avait donné aux musulmans une bonne réputation parmi les Arabes. En effet, bien que le nombre et l'équipement des idolâtres dans cette bataille étaient trois fois supérieurs à celui des musulmans, la victoire du Prophète (saw) et de ses adeptes fut écrasante et plusieurs grands chefs des idolâtres de la Mecque y trouvèrent la mort.
2. La bataille d'Ohod
Après sa défaite à Badr, la tribu Qouraïch fut prise de fureur et de désir de vengeance. Son nouveau chef Abou Soufian commença aussitôt à organiser les préparatifs de la nouvelle bataille tout en interdisant les femmes de Qouraïch de manifester les signes de deuil avant que la mort de leurs parents fût vengée. Abou Soufian voulait par ces restrictions raviver la rancune et attiser encore plus le feu de la colère de Qouraïch.
D'un autre côté, les juifs de Médine furent très angoissés par la victoire des musulmans et ils essayèrent à tout prix de pousser la tribu Qouraïch vers sa revanche. Ainsi, l'un de leurs chefs appelé Kaâb Ibn El'Achraf qui était aussi un poète, fut envoyé à la Mecque pour réciter devant les Qouraïch des poèmes appelant à la vengeance.
La tribu Qouraych organisa alors une réunion à la maison des congrès pour discuter les modalités pratiques de la prochaine bataille. Ils décidèrent alors d'attaquer Médine et destinèrent à cette fin un budget colossal et ils ne manquèrent pas de demander de renfort de la part de leurs alliés traditionnels. L'armée des mécréants dépassa les trois mille guerriers. Ils étaient animés par une rancune profonde et aveuglés par le désir ardent de vengeance. Lorsqu'ils avancèrent vers Médine en essayant de garder le secret autant que possible, la nouvelle de cette campagne parvint au Prophète (saw) par un parent de son oncle 'Abbas qui demeurait à la Mecque et cachait son Islam.
Abou Soufian prit le commandement de la campagne, alors que la cavalerie de l'armée fut confié à Khaled Ibn Walid. Et alors que ces mécréants s'avancèrent vers Médine, les musulmans, avertis, tinrent une réunion générale dans la mosquée et décidèrent d'aller à la rencontre de l'ennemi en dehors de la ville.
Et lorsqu'ils se rassemblèrent, leur nombre était d'environ un millier dont le tiers ne tarda pas à manifester une hypocrisie en rebroussant chemin juste avant le début des combats. Mais ceci n'avait pas altéré la volonté des musulmans qui s'impatientaient de mourir pour l'amour de Dieu. Le Prophète (saw) s'avança alors avec ses fidèles à la rencontre d'un ennemi qui leur était quatre fois supérieur en nombre et en équipement.
Le Prophète (saw) choisit de bonnes positions stratégiques aux pieds de la montagne d'Ohod, à la proximité de Médine. La rencontre des deux armées fut le samedi 7 Chaoual de l'année 3 de l'hégire et les musulmans se trouvèrent alors entre la montagne et l'armée ennemie.
Pour parer toute attaque contre l'arrière de l'armée des musulmans, le Prophète (saw) ordonna à une cinquantaine d'archers d'occuper une colline dominant la seule voie possible de danger. Vue l'importance stratégique de la position occupée par les archers, le Prophète (saw) les somma catégoriquement de ne pas l'abandonner quel qu'en soit le prétexte.
Le premier affrontement entre les deux armées se solda par une défaite cinglante des mécréants qui s'empressèrent alors de fuir le champ de bataille et les musulmans se lancèrent à leur poursuite. Les archers, observant le déroulement des combats du haut de la colline, crurent que la bataille était terminée et qu'ils pouvaient descendre près de leurs frères combattants pour ramasser avec eux les butins laissés par les vaincus.
Mais Khaled Ibn Walid, chef de la cavalerie observait tout cela de loin et quand il vit l'arrière des musulmans découvert par l'abandon de leurs position par les archers , il mena une attaque-surprise par cette voie, semant ainsi le désordre dans les rangs des musulmans et renversant le cours des combats.
La plupart des musulmans n'étaient pas à la hauteur de cette nouvelle épreuve, et croyant que le Prophète (SAW)avait été tué dans l'attaque des cavaliers, ils se dispersèrent dans toutes les directions laissant une petite minorité de combattants courageux et fidèles qui résistèrent au choc et empêchèrent les mécréants d'atteindre le Prophète (saw).
Dans cette phase décisive et dangereuse de la bataille, le fidèle 'Ali (AS) se distingua par sa défense héroïque du prophète et put enfin finir la bataille en sauvant la vie au petit nombre de défenseurs qui de ressemblèrent alors dans une position plus solide pour préparer une contre-attaque...
Quant les mécréants virent la possibilité d'une deuxième victoire des musulmans, ils abandonnèrent le champ de bataille, se réconfortant du grand nombre de musulmans qu'ils avaient pu tuer. La bataille d'Ohod avait été une véritable leçon pour les musulmans; en effet, si les archers avaient obéi aux ordre du Prophète (saw), le renversement des cours du combat n'aurait jamais eu lieu. Tout cela montre que le corps de la jeune communauté musulmane souffrait de faiblesse sérieuse.
3. La bataille du fossé.
Le déroulement des évènement et la consolidation de plus en plus sensible de la société islamique de la religion de l'Islam étaient une source d'angoisse et d'inquiétude permanente chez les juifs de Médine qui essayèrent alors de rassembler toutes les forces de idolâtre arabe sous l'égide de Qouraïch pour une bataille finale contre les musulmans.
Leur effort n'était pas sans résultat et une alliance très large entre les tribus arabes mécréantes fut établie pour réunir enfin une grande armée de plus de douze mille guerriers... Et la marche vers Médine commença.
Des cavaliers de la tribu voisine de
Khouza'âh portèrent la nouvelle de la campagne aux musulmans de Médine qui
furent aussitôt convoqués par le Prophète pour une réunion générale afin
de décider de la stratégie de défense de la cité. L'avis de Salman Elfarisi qui
consistait à creuser un fossé tout autour de la ville fut accepté à
l'unanimité et le travail commença aussitôt.
Les mécréants furent stupéfaits et ne surent quoi faire ni comment procéder puisque, non seulement ils se trouvèrent devant un fossé profond dont la traversée s'avérait périlleuse, mais derrière le fossé, il y avait des barricades abritant des archers au qui-vive!
Le siège de Médine dura encore quelques jours pendant lesquelles les musulmans souffrirent de toute sorte d'inquiétude et d'angoisse, et durent non seulement surveiller le fossé, mais aussi, leurs frontières avec leurs anciens alliés qui les trahirent : la tribu juive de Bani Qouraydha.
AmrAmr Ibn Abdouedd connu pour être le héros des Arabes et le cavalier invincibles de la Péninsule put percer en compagnie de cinq cavaliers, les premières lignes de défense musulmane, il s'arrêta au milieu du champ de bataille et demanda le duel en défiant tous les musulmans d'un air moqueur. Les musulmans se regardèrent les uns les autres les plus courageux parmi eux n'osèrent pas relever le défi, non par crainte de la mort, mais de peur que leur défaite devant cet ennemi redoutable brise le moral des musulmans.
Une fois encore, Ali sauva la
situation et releva le défi. Après quelques instants ce fut le
soulagement général des musulmans lorsqu'ils virent Amr trébucher sous le coup
fatal d'Ali (as). Les cinq autres mécréants prirent la
fuite et Ali (as) rattrapa l'un d'entre eux dans le fossé et le tua.
Ce duel releva sensiblement le moral des musulmans, alors que celui des mécréants commençait à se dégrader, surtout après l'échec de la tentative de pénétration des cavaliers de Khaled Ibn Walid et les rumeurs diffusées par des musulmans infiltrés parmi eux et selon lesquelles leurs alliés juifs avaient pactisé avec le Prophète (saw).
Ceci durant, quelques autres tribus arabes alliées de Qouraïch commencèrent à se demander s'ils avaient choisi le meilleur parti et acceptèrent l'offre du Prophète (saw) de se retirer vers leur terre en contre partie du tiers de la récolte des dattes de Médine. Mais la détermination d'Abou Soufian, le commandant général des alliés arabes, ne fut altérée que lorsque Dieu, Le Très Haut, intervint en envoyant sur eux des vents inhabituels qui semèrent le trouble et l'angoisse parmi les mécréants.
Et, voyant que toutes les conditions humaines et naturelles ne pouvaient plus permettre la poursuite du siège, Abou Soufian lança l'ordre de retraite et ce fut alors la fin de la plus dure épreuve qui avait menacé l'existence de la première entité Islamique de l'histoire.
L'armistice de Houbeydiwa.
Pendant la sixième année de l'hégire, le Prophète
(saw)se vit dans un rêve
en train de tourner autour de la Ka`bah et d'accomplir toutes les cérémonies
du pèlerinage avec ses partisans. Le matin suivant, il communiqua ce qu'il
avait vu dans son rêve à ses adeptes, lesquels furent très heureux de cette
nouvelle, étant donné qu'ils brûlaient d'envie de revoir leur ville
natale et leurs maisons qu'ils avaient été forcés d'abandonner six ans avant.
C'était le premier jour du mois de Thilqa`dah, pendant lequel il était
interdit de faire la guerre dans toute l'Arabie, et à fortiori sur le
territoire sacré de la Mecque. Par conséquent, la Umrah, ou le Petit Pèlerinage,
pouvait être accomplie durant ce mois-là sans aucun risque de voir les Quraïch
ou les Mecquois déclencher les hostilités. Des préparatifs rapides en vue du
pèlerinage furent faits, après que le Prophète eut annoncé qu'il voulait
seulement accomplir le Pèlerinage. Les préparatifs du voyage terminés au début du mois, le Prophète conduisit environ quatorze cents de
ses partisans à Holayfah, sur le chemin de la Mecque. Ils prirent avec eux
soixante-dix chameaux pour le sacrifice. Ils ne portaient pas d'armes, sauf le
sabre rengainé de voyageur. Seule une des femmes du Prophète(saw), Om Salma,
l'accompagna dans ce Pèlerinage.
La nouvelle de la marche du Prophète
(saw) parvint rapidement à la Mecque.
Malgré l'attitude non belliqueuse et pacifique des pèlerins, et bien qu'ils
n'eussent pas d'armes sur eux, les Quraïch les soupçonnèrent de tricherie.
Aussi, rassemblant une force considérable et bien armée, sortirent-ils de la
Mecque pour camper à environ dix kilomètres de la ville, et occuper une
position sur la route de Médine. Pour contrer l'avance de Mohammad
(saw), ils lancèrent
un corps expéditionnaire de deux cents cavaliers sous le commandement de Khâlid
Ibn al-Walîd et `lkrima Ibn Abî Jahl. Le Prophète continua sa marche jusqu'à
ce qu'un informateur l'ait mis au courant du mouvement des Mecquois, et peu après,
les cavaliers mecquois apparurent à l'horizon.
Désormais, il n'était plus possible pour le Prophète
(saw) de continuer à
avancer, étant donné qu'il n'était pas venu dans l'intention de livrer
bataille aux Mecquois. Il tourna donc à droite pour arriver à Hudaybiyyah, à
la limite du territoire sacré autour de la Mecque. Là, son chameau, Qaswah
s'arrêta de lui-même et s'agenouilla, refusant de faire un pas de plus en
avant. Les gens dirent qu'il avait des ennuis, mais le Prophète (saw)
considéra son
arrêt spontané comme un présage divin lui indiquant de ne pas aller plus
loin. Aussi campa-t-il à Hudaybiyyah. Il n'y avait pas d'eau disponible à cet
endroit, car malgré l'existence de quelques puits, ceux-ci étaient ensablés.
Le Prophète
(saw) sortit alors une flèche de son carquois et la planta dans l'un de
ces puits. L'eau jaillit alors à gros bouillon, au grand soulagement de tout
le camp. Les Quraych envoyèrent alors successivement trois messagers au Prophète
(saw) pour s'informer sur la raison de sa venue. `Orwah, un chef de' Tâ'if et
l'un des trois messagers, dit au Prophète que les Mecquois étaient exaspérés
et qu'ils étaient décidés à périr plutôt que de lui permettre d'entrer à
la Mecque. Il partit en disant que les Mecquois ne supporteraient pas la
populace qui l'accompagnait, ni ne la laisserait s'approcher de la ville. Là, Abû Bakr commença à être
très irrité par ces assertions. Le Prophète
(saw) répondit, toutefois, à chacun
des trois messagers que c'était par un pur désir pieux de visiter le
sanctuaire sacré et d'accomplir les rites sacrés liés à ce lieu qu'il avait
entrepris ce voyage de Pèlerinage. Les messagers virent même la file de
chameaux de sacrifice avec des marques sur leur cou, indiquant qu'ils étaient
attachés depuis longtemps dans ce but pieux. A leur retour, ils exprimèrent
leur conviction de la sincérité des intentions pacifiques de Mohammad
(saw), mais
ils ajoutèrent que les Quraïch resteraient fermes et qu'ils ne les écouteraient
pas.
Le Prophète envoya à son tour l'un de ses hommes (Kharrach B. Ommayyah)
sur son propre chameau appelé Tha`lab, aux Quraïch pour leur donner toutes les
assurances qu'il n'était pas venu avec un dessein hostile, mais ils le traitèrent
brutalement, estropièrent le chameau sur lequel il était venu, et menacèrent
même sa vie. Et sans l'intervention de deux Ahabich qui l'aidèrent à fuir, il
aurait été tué. Le Prophète (saw) exprima son désir que `Omar fasse la même
commission, mais ce dernier s'excusa, prétextant qu'il n'était pas en bons
termes avec les Quraïch, et proposa `Othmân comme étant l'homme qui convenait
à cette tâche. Finalement c'est celui-ci qui fut envoyé pour leur faire
savoir que le Prophète (saw) était venu uniquement dans l'intention de visiter la
Maison Sacrée et qu'une fois qu'il aurait abattu les chameaux sacrificatoires,
il repartirait avec tous ses partisans. Mais les Quraïch répondirent qu'ils
avaient juré de ne pas permettre à Mohammad (saw)
d'entrer dans la ville cette année
et que s'il (`Othmân) désirait lui-même visiter la Kaaba, il pourrait le
faire. `Othmân déclina l'offre, et décida de retourner au camp, en leur
disant qu'il ne pouvait se permettre de le faire, sans que le Prophète (saw)
n'ait
accompli le premier les rites du Sanctuaire. Entre-temps, son voyage de retour
ayant duré trop longtemps, une rumeur de son assassinat par les Quraïch circula
dans le camp musulman. Le Prophète (saw) était très affligé par cette nouvelle.
La nécessité de livrer bataille à l'ennemi étant devenue ainsi inévitable,
il convoqua tous les pèlerins autour de lui. Et se plaçant sous un arbre, il
prit de chacun d'eux l'engagement sous serment d'une adhésion irréversible à
lui, de ne pas fuir, et de combattre jusqu'à la fin. Cet engagement est appelé
"L'Engagement sous l'Arbre" (cf. Sourate A1-Fat-h, verset 18,
"Dieu était satisfait des Croyants quand ils te prêtaient serment sous
l'Arbre. IL connaissait le contenu de leurs cœurs. IL a fait descendre sur eux
la tranquillité. IL les a récompensés par une prompte victoire"). I1 est
mémorable dans l'histoire de l'Islam, car il illustre le dévouement et la
loyauté des Musulmans envers leur Prophète (saw),
ils se glorifièrent de
leur ferveur religieuse et pensèrent qu'ils avaient mérité le salut, alors
que les plus raisonnables d'entre eux étaient conscients des actes condamnables
commis plus tard par certains adeptes du Prophète (saw), après "L'Engagement
sous l'Arbre" et après la mort du Prophète(saw). Les hommes qui n'étaient pas
présents à cette occasion regrettèrent de n'avoir pas eu cette chance.
On découvrit plus tard un groupe de quatre-vingts Mecquois qui
guettaient le camp des Musulmans, cherchant à attraper les personnes égarées.
Tous ces hommes furent entourés, faits prisonniers, et amenés auprès du
Prophète (saw),
lequel, par sagesse, les traita très généreusement. Les Mecquois, craignant
le déclenchement d'une bataille, après avoir appris la teneur de l'engagement
sous l'Arbre, dépêchèrent Suhayl Ibn `Amr et quelques autres représentants
au camp musulman pour conclure un traité de paix avec Mohammad (saw). Après de
longues discussions, les termes de la paix furent posés et le Prophète (saw)
demanda
à `Alî (as), son lieutenant, de transcrire les termes du traité au fur et à
mesure qu'ils seraient dictés. Le texte du traité commença ainsi : "Au
nom d'Allâh, le Clément, le Miséricordieux". Mais Suhayl fit objection
et dit qu'il fallait qu'il commence par la formule que les Mecquois avaient
l'habitude d'utiliser, à savoir : "En Ton nom, Ô Dieu !" Le Prophète
concéda et demanda à `Ali d'écrire: "Bismeka Allâhomma". Puis il
dicta : "Ceci est le Traité conclu entre Mohammad, le Prophète d'Allâh
et Suhayl Ibn `Amr". Là encore, Suhayl objecta que si les Mecquois le
reconnaissaient comme Prophète d'Allâh, ils n'auraient pas porté les armes
contre lui. Il demanda au Prophète (saw) de mettre le nom de son père au lieu de
l'expression "Prophète d'Allâh". Le Prophète céda une seconde
fois, mais `Alî (as) avait déjà écrit les mots "Mohammad, le Prophète d'Allâh".
Le Prophète ordonna à `Alî (as) d'effacer les mots contestés, mais comme ce
dernier semblait hésiter, il prit les instruments d'écriture, effaça
l'expression "le Prophète d'Allâh" et la remplaça par les mots :
"fils de `Abdullâh". I1 prophétisa en même temps, en s'adressant à
`Alî (as), qu'il devrait lui aussi céder, à son époque, dans une occasion
similaire. Cette prophétie fut réalisée lors de la conclusion d'un traité
entre `Alî (as)et Mu`awiyah, quelque trente ans plus tard.
Les clauses suivantes furent inscrites dans le traité: aucune des deux
parties ne commettra d'agression ni d'attaque contre l'autre partie ou ses alliés
pendant les dix années à venir. Quiconque désirera se joindre à Mohammad (saw)
et
entrer en ligne avec lui sera libre de le faire, et de même, quiconque désirera
se joindre aux Quraïch et entrer en traité avec eux aura la liberté de le
faire. Si quelqu'un passe à Mohammad (saw) et qu'il est réclamé par son tuteur, il
devra lui être renvoyé, mais si quelqu'un parmi les partisans du Prophète
passe aux Quraïch, il ne sera pas extradé. Mohammad (saw)
et ses partisans
retourneront cette année à leur base de départ sans entrer dans l'enceinte
sacrée. L'année suivante, ils pourront visiter la Mecque pendant trois jours
après que les Quraïch s'en seront retirés. Mais ils devront y entrer sans
aucune arme, excepté celle de voyageur, c'est-à-dire chaque homme avec une épée
rengainée.
Certains parmi les partisans éminents du Prophète (saw), s'étant fiés à
son rêve, ne pouvaient s'attendre qu'à une victoire totale sur les Mecquois.
Or, constatant à présent que ces derniers avaient l'avantage sur le Prophète (saw)
qui sollicitait une permission (d'entrer dans l'enceinte sacrée) qu'ils s'entêtaient
à lui refuser, ils furent exaspérés par la déception après de longs jours
de fatigue et d'inquiétude. `Omar Ibn al-Khattâb dit carrément qu'il n'avait
jamais jusqu'à présent suspecté si fort la véracité du fait que Mohammad était
le Prophète d'Allâh, et il osa même s'adresser à lui dans les termes
suivants : "N'es-tu pas un vrai Prophète d'Allâh ?" "Si, sans
aucun doute", répondit le Prophète. `Omar lui demanda encore :
"N'avons-nous pas raison et notre ennemi n'a-t-il pas tort ?"
"Bien sûr ! Nous avons raison et nos adversaires ont tort". `Omar
conclut : "Pourquoi devrions-nous donc mettre une tache à notre foi et
supporter le choc de l'humiliation ?" Le Prophète répondit : "Je ne
suis que le Messager d'Allâh, et je ne peux rien faire contre Sa Volonté".
Alors que le Traité était en train d'être rédigé, Abû Jandal, fils
de Suhayl, un converti à l'islam, mais que son père avait confiné à la
Mecque, s'enfuit et gagna le camp de Mohammad (saw). Il fut vite découvert et réclamé
par son père Suhayl en vertu des termes du traité. Le Prophète (saw)
ordonna son
retour à son tuteur. Abû Jandal se mit alors à crier. Le Prophète (saw)
l'exhorta
à patienter, et lui promit qu'Allâh lui accorderait bientôt la liberté et la
prospérité, comme IL le ferait pour tous ceux qui étaient dans la même
situation. Le Traité fut achevé lorsque `Alî (as) termina d'en écrire le texte. Il fut certifié par les compagnons les plus éminents
du Prophète (saw), malgré le fait qu'ils considéraient la paix ainsi obtenue, comme
étant la paix la plus humiliante et la plus déshonorante. Une copie du Traité
fut remise à Suhayl, lequel repartit avec ses compagnons. Le document original
fut gardé par le Prophète (saw).
Ayant conclu le Traité, le Prophète (saw) désira accomplir des cérémonies
du pèlerinage adaptées à la nature des circonstances présentes. Aussi
ordonna-t-il à ses compagnons d'abattre leurs chameaux sacrificatoires et de se
couper les cheveux. Mais il fut attristé en constatant que personne ne suivait
son ordre. I1 ressentit si fortement cette désobéissance qu'il en parla à sa
femme, Om Salma qui l'accompagnait dans ce pèlerinage. Mais une fois qu'il eut
égorgé ses propres chameaux, et qu'il eut coupé ses propres cheveux, le
premier, tous ses compagnons l'imitèrent progressivement. Ayant donc terminé
les rites du pèlerinage, le Prophète (saw) se mit en marche avec tous ses partisans,
en direction de ses bases de départ, et ce, après un séjour de vingt jours à
Hudaybiyyah. Sur le chemin du retour et vers la fin de la première étape de sa
marche, le Prophète (saw) reçut la révélation de la Sourate al-Fath qui commence
ainsi : "Oui, Nous t'avons accordé une éclatante victoire", et alors
qu'il était sur le dos de son chameau, il la récita à haute voix. Certains de
ses compagnons furent étonnés et demandèrent si cela était une victoire. Le
Prophète (saw) leur répondit que, sans aucun doute, c'était une victoire glorieuse.
`Omar et les autres rappelèrent au Prophète sa promesse d'entrer à la Mecque
sans obstacle et sans opposition. Ce à quoi il répondit que Dieu l'avait
promis en effet, en ajoutant : "Mais quand a-t-IL promis que ce serait
cette année-ci ?"
Les événements subséquents prouvèrent toutefois que la paix de Hudaybiyyah constituait une victoire glorieuse pour le Prophète (saw) sur les Mecquois. En effet, en vertu du traité, toute personne, toute famille, tout clan, toute tribu avait la liberté de rejoindre le Prophète, de professer son credo, d'influencer les autres pour qu'ils le reconnaissent en tant que leur chef spirituel, de prier selon ses enseignements sans courir le risque de subir la persécution des incroyants qui n'avaient plus la possibilité de les maltraiter ou de les mettre au ban de la société. Chaque Musulman était désormais libre d'établir des rapports sans restriction avec les non-Musulmans. Ainsi, des relations mutuelles d'amitié ayant pu se rétablir, la paix et la tranquillité furent restaurées grâce au Traité. Dans un laps de temps incroyablement court tout le Hijâz chantait les louanges du Prophète qui l'aidait à sortir du paganisme obscurantiste vers la lumière joyeuse du monothéisme. Désormais l'Islam progressait d'un pas ferme à travers tout le territoire. Il n'y avait aucune personne de bon sens et de jugement parmi les idolâtres qui n'éprouvât un sentiment de profonde considération envers les commandements du Prophète. Immédiatement après le Traité, les Banû Khozâ`ah, qui avaient depuis fort longtemps une inclination pour la nouvelle Religion, entrèrent ouvertement en alliance avec le Prophète. C'était là le premier résultat concret du Traité. Bref, en deux ans après le Traité, la Mission Divine de Mohammad (saw) eut plus de succès qu'elle n'en avait eu pendant les dix-neuf années précédentes. Tout cela était le résultat glorieux de la Paix, cette même paix qui avait été considérée sur le moment comme déshonorante et humiliante et comme étant propre à rabaisser le niveau de la Religion de Dieu, et qui n'avait été possible que grâce à ce Traité que le Prophète n'avait pas hésité à conclure avec les Mecquois, malgré les remontrances de ses principaux compagnons. C'est évidemment subséquemment à ce même Traité que deux ans plus tard, il fut suivi par dix mille hommes dans sa marche pour la Conquête de la Mecque, alors qu'à présent, à Hudaybiyyah, il n'avait pu amener avec lui qu'à peine mille cinq cents partisans. C'était là vraiment une grande victoire, dépassant toutes les autres dans ses effets de grande portée. Sans combat ni effusion de sang, le traité fit plier les infidèles et les amena à reconnaître ce même Mohammad - dont ils avaient abusé et qu'ils avaient persécuté et banni - comme une Force indépendante, au point de conclure avec lui un traité lui donnant le droit d'occuper en toute quiétude et pendant trois jours, leur cité, l'année suivante.
Des Pays Étrangers appelés à l'Islam
Avec la conclusion du Traité de Hudaybiyyah, le Prophète se débarrassa de
tous les ennuis venant des Mecquois. Désormais il était en mesure de diriger
son attention vers un prêche plus étendu de sa Religion pour accomplir ainsi
le principal objectif de sa Mission Divine. Aussi décida-t-il d'inviter les États
et Empires voisins à la Foi Divine en leur envoyant des Ambassadeurs munis
d'une missive de sa part. Et étant donné que les missives n'étaient reconnues
par les cours étrangères que si elles étaient validées par un sceau, le
Prophète se fit faire vers la fin de la sixième année de l'Emigration un
anneau d'argent sur lequel étaient gravés les mots suivants: "Mohammad,
le Messager de Dieu". Des lettres furent écrites et scellées, et au début
de la septième année, au mois de Moharram, six ambassadeurs furent dépêchés
simultanément à : Najjachi le roi d Éthiopie; Yamama; Khosrô, le monarque de
Perse; César, l'Empereur romain; la Syrie et l'Egypte. Les messagers choisis
pour convoyer les missives connaissaient la langue des pays auxquels ils étaient
destinés respectivement.
`Amr Ibn Omayyah fut envoyé en Abyssinie avec deux missives dont l'une invitait
le roi d'Ethiopie à la Religion Divine, et l'autre, faisait état du désir du
Prophète que les émigrés restant encore en Éthiopie, puissent retourner à
présent à Médine, ainsi que d'une requête singulière dans laquelle le Prophète
demandait au Roi de le fiancer à Om Habîbah, la veuve de `Obaydullâh qui
avait émigré en Éthiopie et qui y mourut plus tard. Le Roi reçut
l'ambassadeur avec la plus grande hospitalité et répondit à la première
missive par des propos laissant comprendre un humble acquiescement, donnant
l'assurance qu'il avait d'ores et déjà embrassé l'Islam et exprimant son
regret de ne pas être présent pour pouvoir recevoir personnellement les bénédictions
du Prophète. Conformément à la requête exprimée dans l'autre missive, le
Roi accomplit la cérémonie des fiançailles d'Om Habîbah et prépara deux
bateaux pour le retour des émigrés conduits par Ja`far. Les deux bateaux arrivèrent
au port de Médine en automne, au mois de Jumâdi-I de l'an 7 de l'hégire, soit
en août 628 A. J.-C.
Salit Ibn `Amr fut envoyé à Yamama avec une missive à Hauza, le Chef chrétien
de Banî Hanîfah, qui reçut l'ambassadeur cordialement et fit l'éloge du
Prophète(saw). Mais par la suite, il congédia le messager en lui répondant qu'il
n'était prêt à suivre le Prophète (saw),
que s'il faisait de lui un partenaire dans
ses privilèges, car, ajouta-t-il, il jouissait déjà de révérence en tant
que seigneur et orateur de son peuple, du fait qu'il était un poète éloquent
de sa tribu.
Abdullâh Ibn Hothâfah porta la missive en Perse.
Lorsqu'elle fut délivrée au Roi Khosrô, il la déchira en petits morceaux. Le
messager retourna auprès du Prophète (saw) et lui fit son rapport. Le Prophète
(saw) pria
: "Ô mon Dieu ! Déchire de la même façon son royaume". (Le voeu du
Prophète sera exaucé quelques années plus tard, lorsque les dominations perses
se trouvèrent entièrement déchirés). Khosrô envoya des ordres à son
gouverneur du Yémen pour qu'il ramène le Prophète (saw)
à la raison ou qu'il
l'envoie enchaîné à la Cour Royale. Bazhan, le gouverneur perse du Yémen,
envoya une missive courtoise au Prophète (saw), lequel en la recevant sourit et
invita l'ambassadeur à l'Islam en l'informant que Khosrô n'était plus de ce
monde et que la nuit dernière il avait été poignardé par son fils, l'héritier
présomptif. I1 lui ordonna ensuite de retourner pour rapporter à son maître
la nouvelle et lui demander d'offrir sa soumission auprès du Gouverneur du Yémen
et de lui faire son rapport. Bazhan avait entre-temps reçu une missive du
nouvel Empereur. Convaincu par la prophétie ou animé par des motifs d'intérêt
personnel, toujours est-il, qu'il signifia son adhésion au Prophète (saw), embrassa
l'Islam et dénonça l'autorité de l'Empereur perse.
Dehya Kalbi qui avait été envoyé à l'Empereur Héraclius, le monarque chrétien
de l'Empire romain fut reçu d'une façon respectable. L'empereur sembla bien
disposé envers la nouvelle Foi, mais après avoir écouté les opinions de ses
courtisans qui étaient indifférents à cette Foi, il congédia l'ambassadeur
en le chargeant de quelques cadeaux précieux pour le Prophète (saw).
Chuja Ibn Wahab fut envoyé en Syrie muni d'une lettre invitant Hârith VII,
Prince de Banî Ghassân à l'Islam. Celui-ci fut très irrité par le contenu
de la lettre qu'il fit parvenir à l'Empereur Héraclius en lui demandant la
permission d'envoyer une expédition pour en châtier l'auteur. Le messager du
Prophète fut détenu dans l'attente de la réponse de l'Empereur. Celui-ci,
n'ayant pas approuvé la suggestion du Prince, Hârith éconduit le messager après
lui avoir offert des cadeaux. Lorsque le Prophète (saw) apprit l'attitude de Hârith,
il prédit la perte de son royaume. Peu après, Hârith mourut.
Habîb Ibn Abi Balta`ah fut envoyé comme ambassadeur à Alexandrie, le siège
du Gouvernement d'Egypte à l'époque. Le vice-roi romain, Maqawqas le reçut très
respectueusement, lut la lettre dont il était chargé, et y répondit en
promettant d'en prendre note. Il écrivit notamment qu'il savait qu'un prophète
devait déjà être envoyé, mais qu'il attendait son apparition en Syrie. Pour
concrétiser ses sentiments respectueux envers le Prophète (saw), il chargea son
messager de beaucoup de cadeaux, dont deux belles-sœurs coptes (race à
laquelle appartenait Moqawqas lui-même). L'une d'elles s'appelait Marya et eut
l'honneur d'épouser le Prophète (saw), et l'autre, Sirîne, fut offerte au poète
Hassan. De même une mule blanche, chose très rare en Arabie à l'époque,
figurait également parmi les cadeaux. On l'appelait Duldul. Elle fut utilisée
par le Prophète (saw), et après sa mort, par son petit-fils al-Hussayn
(as).
Les Causes de la Campagne de Khaybar.
Depuis l'Emigration du Prophète (saw), les Juifs, comme nous l'avons déjà dit, étaient
jaloux de son pouvoir et de son autorité sans cesse grandissante, et lui
causaient par conséquent beaucoup de problèmes, ce qui l'avait poussé à les
expulser. Un certain nombre des Juifs de Banî Nadhîr qui avaient été expulsés
de Médine s'établirent parmi leurs frères à Khaybar, situé à environ cent
cinquante kilomètres au nord-est de Médine. Ils nouèrent des alliances avec
beaucoup de tribus bédouines puissantes qu'ils excitèrent, comme les Quraych
de la Mecque, contre le Prophète (saw), et ils avaient assiégé vers la fin de
l'avant-dernière année Médine.
Après leur retrait, leur chef, Abul-Haqîq, qui avait joué un rôle prédominant
avec Hoyay Ibn Akhtab dans le siège de Médine, incita les Banî Fozârah et
d'autres tribus bédouines à attaquer les propriétés des citoyens paisibles
de Médine. Au mois de Rabî`-I de la sixième année de l'Emigration, `Oyaynah,
le chef des Banî Fozârah, tombant sur une troupe de chamelles laitières du
Prophète, les enleva, tua le gardien et emmena sa femme comme prisonnière. Au
mois de Rabî`-II de la même année, les Banî Ghatafân, eux aussi, s étaient
rassemblés dans l'intention d'enlever dans les pâturages les chameaux
appartenant à Médine. Les Musulmans envoyèrent Mohammad Ibn Maslamah avec dix
hommes pour contrecarrer leur projet. Mais tous ses compagnons furent tués et
il était lui-même si grièvement blessé qu'on le laissa pour mort, ce qui lui
permit de fuir par la suite. Au mois de Ramadan, Abul-Haqîq rendit l'âme. Son
successeur, `Osayr Ibn Zarim et les Banî Ghatafân, les bédouins alliés des
Juifs de Khaybar projetèrent au mois de Chawwâl de nouveaux mouvements contre
le Prophète et ses partisans.
Expédition contre les Juifs de Khaybar.
En vertu du Traité de Hudaybiyyah, les Mecquois, qui étaient les plus
grands ennemis du Prophète et les plus puissants alliés des Juifs, ne
pouvaient plus assister ces derniers dans leurs hostilités contre le Prophète.
La Providence fournit ainsi à l'Apôtre du Seigneur une bonne occasion de
mettre fin une fois pour toutes aux difficultés que les Juifs de Khaybar ne
cessaient de lui causer. Aussi, au mois de Moharram de l'an 7 H. organisa-t-il
une expédition forte de mille six cents hommes contre eux. Arrivé à Sahba, il
trouva plusieurs chemins conduisant vers des directions différentes. Enfin,
l'armée ayant engagé un guide, se dirigea vers Khaybar, marchant la nuit et se
reposant le jour. Sur son chemin, elle croisa un homme suspect qui ne tarda pas
à avouer qu'il était un espion. Contre la promesse d'avoir la vie sauve,
celui-ci informa les combattants musulmans que les Juifs étaient déjà au
courant de l'intention du Prophète de ne pas laisser impunies les actions
criminelles qui avaient été perpétrées contre ses hommes, et qu'ils avaient
demandé le secours de leurs alliés bédouins de chez lesquels `Oyaynah était
déjà arrivé, et qu'ils attendaient bientôt l'arrivée des Banî Ghatafân.
Lorsque le Prophète fut arrivé à Raji`, un lieu situé entre Khaybar et les
campements des Banî Ghatafân, il ordonna qu'on y fasse halte. Les Banî Ghatafân
qui s'étaient déjà apprêtés à sortir pour porter secours à leurs alliés
à Khaybar, décidèrent de rester sur place, constatant que leurs propres
familles étaient exposées au danger (A1-Tabarî). Laissant un contingent à
Rajî`, le Prophète poursuivit sa progression et surprit les Juifs de Khaybar
à leurs portes, tôt le matin. I1 était à la tête d'une force de quatorze
cents hommes, dont environ deux cents cavaliers. Les Juifs étant sortis le
matin de leurs maisons, furent frappés de stupeur de se trouver confrontés
tout d'un coup à une si grande force.
La Vallée de Khaybar était parsemée d'une dizaine de forteresses
solidement implantées sur des monticules rocailleux et dont quelques-unes,
telles qu'A1-Qâmus, A1-Qatieba, A1-Watih et Solalim, étaient réputées
imprenables. A présent toute aide extérieure était rendue impossible. Les
Juifs, comptant sur leur nombre - de loin plus important que la troupe de
l'ennemi sur leur propre courage et sur leurs citadelles, décidèrent de résister.
Mais une fois assiégés dans leurs forteresses, ils ne purent résister
longtemps et durent finalement les évacuer après une ou deux sorties. Ainsi
toutes les citadelles inférieures par lesquelles les Musulmans avaient commencé
leurs attaques tombèrent les unes après les autres entre leurs mains.
A la fin, les Juifs se joignirent à leur chef, le roi de leur nation,
Kinânah fils de Rabî` et petit-fils de Abul-Haqîq. I1 vivait dans une
citadelle solidement fortifiée de Khaybar, nommée al-Qâmûs, aux murs hauts
et imposants, construits sur un roc escarpé et qui était considéré comme
imprenable. Elle était bien protégée par des fortifications et bien gardée
par des soldats courageux, parce qu'elle renfermait les trésors du roi. Dès
que le Prophète (saw) lança un regard sur la forteresse, il se mit avant tout à
prier le Tout-Puissant, Le suppliant de livrer la citadelle aux
Musulmans. Et aussi longtemps qu'il campa devant elle, il offrit les prières
quotidiennes sur une roche dure, appelée Manselah, et en fit le tour sept fois
par jour. Plus tard, un masjid sera érigé à cet endroit, en souvenir de ce
lieu d'adoration du Prophète (saw), qui fera l'objet de vénération des Musulmans
pieux.
Le siège d'A1-Qâmûs fut la tâche la plus éprouvante pour les
Musulmans, qui ne s'étaient encore jamais attaqués à une telle forteresse. I1
dura un certain temps et mit à l'épreuve l'habilité et la patience des
Musulmans, qui commencèrent à manquer de provisions. Toute la région
environnante fut ravagée par les Juifs durant cette période - environ un mois
lorsque les Musulmans donnaient l'assaut contre la petite forteresse. Les Juifs
avaient abattu même leurs dattiers se trouvant autour de leur citadelle afin
d'affamer l'ennemi, et ayant résolu de se battre désespérément, ils se postèrent
devant la citadelle. Les assiégeants essayèrent d'avancer vers eux, mais tous
leurs assauts furent repoussés. Le Prophète (saw), qui souffrait beaucoup de maux de
tête, passa son Etendard à Abû Bakr Ibn Abî Quhâfah et lui ordonna de mener
l'assaut, mais il fut sévèrement repoussé par les Juifs et obligé de battre
en retraite. Ensuite le Prophète (saw) confia l'assaut suivant au commandement de
`Omar Ibn al-Khattab qui porta d'étendard, le résultat n'en fut qu'une
retraite forcée. Les soldats, de retour auprès du Prophète (saw), accusèrent leur
commandant, `Omar, de manquer de courage, alors que lui, il les accusa de lâcheté.
Le Prophète (saw), ayant été ainsi déçu par l'échec de ses plus éminents
compagnons, s'écria : "Demain je remettrai mon Drapeau à quelqu'un que
Dieu et Son Prophète aiment, un éternel fonceur redoutable qui ne tourne
jamais le dos à l'adversaire. C'est par lui que le Seigneur accordera la
victoire". Chacun des principaux compagnons du Prophète était soucieux d'être
le lendemain signalé comme étant "le bien-aimé de Dieu et de Son Prophète".
Ils passèrent la nuit dans une grande anxiété pour savoir qui serait l'être
béni. Personne ne pensa à `Alî, - le cousin et le lieutenant du Prophète, le
héros de toutes les précédentes guerres - parce qu'il souffrait sérieusement
de ses yeux très malades et ne pouvait rien voir. Selon certains hadiths, il était
absent à cette occasion, se trouvant plutôt à Médine. Toutefois, le Prophète
(saw) ayant crié : "Nadi `Alî" (`Alî est appelé), celui-ci surgit
sur-le-champ avec des yeux très malades. Tous attendaient, sur des charbons
ardents, la naissance de ce lendemain, entourant le Prophète comme des étoiles
scintillantes, chacun essayant de miroiter pour se faire remarquer. Sa`d Ibn Abî
Waqqâç, pour attirer l'attention sur lui, se jeta par terre, puis se leva, prétendant
qu'il était tombé. Toutefois, le Prophète(saw) ne semblait tenir compte d'aucune
personne en particulier. Lorsqu'il rompit le silence pour demander où était `Alî,
ils répondirent tous d'une seule voix qu'il souffrait sérieusement de ses yeux
malades et qu'il était tout à fait incapable de voir ce qu'il y avait autour
de lui. Le Prophète leur ordonna de le faire venir. Salma B. Ako` l'amena en le
tenant par la main. Le Prophète (saw) prenant la tête de `Alî
(as) et la mettant dans
son giron, appliqua sa salive sur ses yeux. Immédiatement, ses yeux devinrent
si clairs qu'on eût dit qu'ils n'avaient jamais été malades. Et on dit qu'il
ne souffrit plus jamais, sa vie durant, de troubles oculaires depuis ce jour-là.
Le Prophète (saw) confia sa Bannière sacrée aux mains de `Alî
(as)et l'arma de son épée, Thulfiqâr, le désignant ainsi comme étant l'homme
que Dieu et Son Prophète aiment. Il ordonna à `Alî de conduire l'assaut et de
combattre jusqu'à ce que les Juifs acceptent de se soumettre. `Alî, vêtu
d'une veste écarlate sur laquelle une cuirasse d'acier était attachée, avança
à la tête de ses partisans, et escaladant le rocher pierreux, situé en face
de la forteresse, il planta l'Etendard sur son sommet, et prit la résolution de
ne pas reculer d'un pouce, jusqu'à ce que la citadelle fût prise.
Les Juifs se mirent en route pour déloger les assaillants. Un rabbin
juif demanda à `Alî (as) son nom, lequel dit qu'il était `Alî Ibn Abî Tâlib ou
Haydar. Le rabbin ayant entendu ce nom, présagea à l'intention de ses hommes
que les assaillants ne se retireraient pas sans avoir gagné du terrain.
Cependant, Hârith, un héros juif qui avait réussi à repousser vigoureusement
les précédentes attaques, s'avança et tua plusieurs adversaires musulmans. `Alî
(as),
ayant vu cela, avança lui-même, s'engageant dans un combat au corps à corps
contre lui, et le tua puis revint à ses lignes. Le frère de Hârith était
d'une stature gigantesque et était d'une valeur inégalable
parmi les Juifs. Pour venger la mort de son frère, il sortit des rangs, couvert
du cou à la taille d'une double cotte de mailles, coiffé d'un heaume de
protection, autour duquel était enroulé un double turban, et au milieu duquel
était enchâssée une pierre pour le protéger contre les coups de cimeterre.
Il avait une épée énorme qui le ceignait des deux côtés et brandissait une
grande lance à trois têtes fourchues et bien pointues. Sortant des lignes des
Juifs, il avança et défia ses adversaires de s'engager dans un combat
singulier contre lui : "Comme tout Khaybar le sait, je suis Marhab, un
guerrier hérissé d'armes dans une guerre furieuse et ravageuse", s'écria-t-il.
Aucun Musulman n'osa avancer pour l'affronter, sauf `Alî qui sortit de la ligne
musulmane pour répondre à son défi vaniteux, en disant: "Je suis celui
que sa mère a nommé Haydar. Je pèse mes ennemis dans une gigantesque balance
(c'est-à-dire je ne vais pas par quatre chemins avec mes ennemis)". Les
mots de `Alî n'étaient pas des mots creux. `Alî sut par inspiration que
Mahrab avait dernièrement rêvé d'un lion robuste le déchirant en morceaux.
Aussi rappela-t-il à Mahrab ce rêve afin de l'intimider. Les mots eurent leur
effet, puisque lorsque les deux combattants s'approchèrent, `Alî jetant sur
lui un coup d'œil, le trouva tremblotant. Une fois proches l'un de l'autre,
Mahrab fit un coup d'estoc en direction de `Alî avec sa lance à trois
fourchons. `Alî esquiva avec dextérité le coup, et avant que son adversaire
ait pu se recouvrir, il lui administra un coup avec son irrésistible
cimeterre,1'hulfiqâr, qui coupa en deux son bouclier, traversant son double
turban, son heaume impénétrable et son crâne, fendant sa tête et descendant
jusqu'à sa poitrine ou encore plus bas jusqu'à sa selle, le découpant carrément
en deux selon certains hadiths. I1 tomba sans vie par terre, et le vainqueur
annonça sa victoire par son cri habituel : "Allâh-u-Akbar" (Dieu est
le Plus Grand), ce qui permit à tout le monde de savoir que `Alî (as) était sorti
victorieux.
Dès lors les Musulmans avancèrent en masse et il y eut une mêlée.
Sept parmi les plus éminents guerriers juifs, à savoir Mahrab, `Antar, Rabî`,
Zajîj, Dâûd, Morrah et Yâcir, tombèrent sous les coups d'épée de `Alî,
et le reste de l'armée juive battit en retraite pour se réfugier dans la
citadelle et échapper à ses poursuivants Musulmans. Dans le feu de l'action,
un Juif porta un coup sur le bras de `Alî, disjoignant son bouclier qui tomba
par terre,'un autre Juif le ramassa et s'enfuit avec. Furieux, Alî accomplit
alors des tours de prouesses surhumains. I1 sauta par dessus la tranchée,
s'approcha de la porte en fer de la forteresse, en arracha un battant et
l'utilisa comme bouclier pendant le reste de la bataille (Abû Rafi`, l'un de
ceux qui en avait donné 1 assaut, à la forteresse, avec Alî, affirme qu'après
la guerre il examina la porte et qu'il essaya avec sept autres personnes de la
retourner, mais sans succès). La citadelle fut finalement prise et la victoire,
décisive. Les Juifs perdirent dans cette bataille quatre-vingt treize hommes,
alors que les Musulmans n'eurent que dix-neuf tués.
Après la prise de la citadelle, lorsque `Alî (as) revint victorieux vers son
camp, le Prophète (saw), le voyant arriver, sortit de sa tente et l'accueillit à
bras ouverts. L'embrassant chaleureusement, il baissa son front et lui déclara
que ses services pour la Cause Divine étaient appréciés par le Tout-Puissant
Juge et par lui-même, en tant que Son Prophète. `Alî (as) versa des larmes de joie
en entendant ces propos. Le Prophète redonna foi à ses adeptes qui avaient échoué
dans les précédentes tentatives en mettant en évidence l'exemple de `Alî
(as) à
qui il donna le surnom glorieux d' "Asad-Allâh" (Le Lion de Dieu)
Après la défaite des Juifs, la forteresse accepta de se rendre à
condition que ses habitants fussent libres de quitter le pays en abandonnant
tous leurs biens aux conquérants, et en n'emportant, pour chacun, qu'un chameau
et une charge de denrées alimentaires. Tout recel d'objets de valeur était
assimilé à une infraction aux conditions de l'accord, et le coupable était
passible de la peine capitale. Ceux qui préféraient rester dans le pays
devaient occuper leurs maisons et y résider. Ils pouvaient cultiver la terre
qu'ils possédaient à titre de premier occupant (mais ils n'avaient pas le
droit de posséder une propriété immobilière) à condition de payer au conquérant
la moitié de la production, et ce dernier pouvait les congédier à sa guise.
Tentative d'Empoisonnement du Prophète.
Alors que le Prophète (saw) se trouvait à Khaybar, les Juifs attentèrent à sa vie en préparant un agneau assaisonné avec un poison mortel, qu'ils lui envoyèrent comme cadeau au moment où on lui servait le dîner. Acceptant avec gratitude le cadeau, le Prophète (saw) en prit l'épaule (la partie qu'il aimait le plus) pour lui-même, et coupa une autre portion qu'il donna à Bichr qui était assis à côte de lui et qui fit de même en la passant à son voisin, et ainsi de suite. Dès que le Prophète mangea une bouchée de la viande, il y sentit un goût anormal et la cracha tout de suite en disant qu'elle était empoisonnée. Entre-temps, Bichr avait déjà avalé son morceau et mourut sur-le-champ. La confusion fut totale. A la suite d'une enquête faite à ce propos, il apparut que l'agneau avait été cuit par une femme captive, appelée Zaynab, une nièce de Marhab, le grand guerrier tué par `Alî (as). Elle fut convoquée et interrogée à ce sujet. Elle avoua son crime et le justifia comme une vengeance pour la perte de son père, de son frère, de son mari et d'autres proches, ainsi que pour la dévastation causée à son pays par les conquérants. Elle dit qu'elle pensait dans son for intérieur que si Mohammad était un vrai Prophète, il découvrirait le mal avant qu'il ne l'atteigne, et que s'il n'était qu'un simple imposteur, il tomberait victime de sa vengeance, et les Juifs seraient débarrassés d'un tyran. Elle finit par être condamnée à mort.
Fadak.
Après la conquête d'al-Qâmûs, les autres citadelles furent prises et leurs terres soumises à une taxe de cinquante pour cent de la production. `Alî avait été envoyé à Fadak, une ville juive non loin de Khaybar, pour la conquérir. Mais sans qu'il use d'autre force, les habitants de la ville offrirent leur soumission, et acceptèrent de céder la moitié de leur propriété au Prophète. Lorsque l'Ange Gabriel révéla au Prophète ce Commandement Divin qu'on trouve dans la Sourate de Banî Isrâ'îl, verset 26: "Donne à celui qui est de tes proches, ainsi qu'au pauvre et au voyageur leur dû", il lui demanda qui était visé par l'énonciation : "Celui qui est de tes proches". L'Ange Gabriel nomma Fâtima (as) et dit au Prophète (saw) de donner Fadak à celle-ci, étant donné que la rente venant de Fadak lui appartenait entièrement, cette terre étant cédée sans recours à la force. Ainsi le Prophète (saw) accorda-t-il, conformément à cette Révélation sa propriété de Fadak à Fâtima (as) pour sa subsistance et pour celle de ses enfants. Conséquemment Fâtima (as) et ses enfants préleva la rente provenant de la vente de la production de ce domaine jusqu'à l'époque du Calife Abû Bakr, lequel s'empressa de le confisquer tout de suite après le décès du Prophète (saw). I1 demeura propriété d'Etat jusqu'à ce qu'il fût finalement cédé par le Calife `Othmân à Marwân en l'an 34 H., et il resta propriété des Omayyades jusqu'à sa restitution par `Omar Ibn `Abdul Aziz à l'Imam Mohammad al-Bâqir, fils de `Alî Ibn al-Hussayn - le chef des descendants de Fâtimah à l'époque - en tant que propriétaire légitime et légal de Fadak. Quant à la deuxième moitié de ce territoire, il était resté en possession des Juifs jusqu'à ce que le Calife `Omar les eût banni en Syrie en les indemnisant.
Le Pèlerinage d'Adieu du Prophète.
Étant donné que la période du Pèlerinage annuel
s'approchait, le Prophète (saw) commença à faire les préparatifs en vue de son Pèlerinage
à la Mecque. I1 invita les gens de toutes les régions de la Péninsule à se
joindre à lui afin qu'ils se familiarisent avec l'accomplissement correct des
différents rites ayant trait aux cérémonies sacrées. Depuis son émigration
à Médine, ce serait le premier et le dernier Hajj (Pèlerinage à la Mecque)
du Prophète (saw). Cinq jours avant le début du mois de Thilhaj, le mois du Pèlerinage,
le Prophète (saw) se dirigea vers la Mecque, suivi de plus de cent mille pèlerins.
Toutes ses femmes, ainsi que sa fille bien-aimée, Fâtimah, la femme de `Alî,
l'accompagnèrent. Au cours de ce voyage, Abû Bakr eut un fils de sa femme Asmâ'
Bint Wahab. I1 fut appelé Mohammad.
Le Prophète (saw) arriva à la Mecque le dimanche 4 Thilhaj de l'an 10 A.H. Tout de
suite après son arrivée, `Alî, qui revenait du Yémen à la tête de ses
hommes, rejoignit le Prophète, lequel sembla très heureux de le revoir, et lui
demanda, en l'embrassant quel voeu pour le pèlerinage il avait fait. `Alî répondit
: "J'ai fait le voeu d'accomplir le même Pèlerinage que le Prophète quoi
qu'il arrive, et j'ai amené trente-quatre chameaux pour le sacrifice". Le
Prophète s'écria joyeusement : "Allâh-u-Akbar" (Dieu est le plus
grand), et dit qu'il en avait amené soixante-six. Et d'ajouter qu'il (`Alî)
serait son partenaire dans tous les rites du Pèlerinage et dans le sacrifice.
Ainsi, `Alî (as) accomplit donc le Grand Pèlerinage avec le Prophète (saw).
Etant donné que les différentes cérémonies devaient constituer des modèles
à suivre dans l'avenir, le Prophète observa rigoureusement chaque rite, soit
conformément aux Révélations faites à cet égard, soit selon l'usage
patriarcal. Ainsi, lorsqu'on amena les chameaux à offrir en sacrifice, lui et `Alî
(as) se mirent à abattre conjointement les cent chameaux qu'ils avaient apportés.
Et quand on prépara un repas avec la viande des chameaux sacrifiés, le Prophète
(saw) s'assit avec seulement `Alî (as), et personne d'autre, pour le partager. Les cérémonies
du Pèlerinage prirent fin avec le rasage des chevaux et le coupage des ongles
après le sacrifice des animaux. L'habit du Pèlerinage fut alors ôté et une
proclamation fut faite par `Alî (as), monté sur la mule du Prophète, Duldul,
levant les restrictions du Pèlerinage.
A la clôture du Pèlerinage, le Prophète (saw) s'occupa
du Calendrier, abolissant
l'intercalation trisannuelle et faisant l'année purement lunaire, consistant en
douze mois lunaires, ce qui permit de fixer le mois du Pèlerinage selon les
saisons changeants de l'année lunaire.
Le Sermon de Ghadîr Khum.
Faisant ses adieux à sa ville natale, le Prophète quitta la Mecque pour Médine
le 14 Thilhaj. Sur la route, le 18 Thilhaj, il ordonna qu'on fasse halte à Ghadîr
Khum, une région aride aux abords de la vallée de Johfa, à trois étapes de Médine,
après avoir reçu la révélation suivante: "Ô Prophète ! Fais connaître
ce qui t'a été révélé. Ici allusion est faite au Commandement contenu dans
la sourate al-Charh qui dit:
1- N'avons Nous pas ouvert ton coeur ?
2-3 Ne t'avons nous pas débarrassé de ton fardeau qui pesait sur ton dos ?
4- N'avons Nous pas exalté ta renommée?
5- Le bonheur est proche du malheur.
6- Oui, le bonheur est proche du malheur.
7- Lorsque tu es libéré de tes occupations, lève-toi pour prier.
8- et recherche ton Seigneur avec ferveur".
Dans le verset 7, Dieu a commandé au Prophète (saw) de désigner son
successeur :
" par
ton Seigneur. Si tu ne le fais pas, tu n'auras pas fait connaître Son Message.
Dieu te protégera contre les hommes; Dieu ne dirige pas 1e peuple incrédule"
(Sourate La Table servie; al-Mâ'idah, V verset 67).
A présent, ayant reçu ce Commandement, il décida de l'annoncer sans aucun
retard. Aussi fit-il halte sur le lieu même où il reçut le rappel. Le terrain
étant déblayé, une chaire fut formée de selles de chevaux, et Bilâl, le
Muezzin, s écria à haute voix : Hayya `Alâ Khayr-il-`Amal (Ô gens, accourez
à la meilleure des actions). Et une fois les gens rassemblés autour de la
chaire, le Prophète (saw) se leva prenant à sa droite
Ali (as), dont le turban noir à
deux bouts suspendus sur ses épaules avait été arrangé par le Prophète (saw)
lui-même. Le Prophète (saw) loua tout d'abord Dieu, puis s'adressant à la foule, il
dit : "Vous croyez qu'il n'y a de dieu que Dieu, que Mohammad est Son
Messager et Son Prophète, que le Paradis et l'Enfer sont des vérités, que la
mort et la Résurrection sont certaines, n'est-ce pas ?" Ils répondirent
tous "Oui, nous le croyons". Il les informa alors qu'il serait rappelé
bientôt par son Seigneur, puis il prononça cette adjuration : "Je vous
laisse deux grands préceptes dont chacun dépasse 1'autre par sa grandeur : ce
sont le Saint Coran et ma sainte progéniture (dont les membres sont : `Ali,
Fatima, Hassan et Hussein). Prenez garde dans votre conduite
envers eux après ma disparition. Ils ne se sépareront pas 1'un de l'autre
jusqu'à ce qu'i1s reviennent auprès de moi, au Ciel, à la Fontaine de Kawthar".
Et d'ajouter : "Dieu est mon Gardien et je suis 1e gardien de tous 1es
croyants".
Alî
Déclaré Successeur du Prophète.
Ce disant, il prit la main de `Alî dans sa main,
et la levant haut, il s'écria : "Celui dont je suis le maître, `Ali aussi
est son maître. Que Dieu soutienne ceux qui viennent en aide à `Ali et qu'IL
soit l'ennemi de ceux qui deviennent les ennemis de `Ali". Ayant répété
cette proclamation trois fois, il descendit de la plate-forme dressée et fit
asseoir `Alî dans sa tente où les gens vinrent le féliciter. `Omar Ibn
al-Khattâb fut le premier à congratuler `Alî et à le reconnaître comme le
"Tuteur de tous les croyants".
Après les hommes, toutes les femmes du Prophète (saw) ainsi que les autres
dames vinrent féliciter `Alî. A la fin de cette cérémonie d'installation, le
célèbre verset suivant du Coran fut révélé au Prophète (saw)
:
"Aujourd'hui, j'ai parachevé votre religion et j'ai parachevé Ma grâce
sur vous; j'agrée l'Islam comme étant votre Religion" (Sourate a1-Mâ'idah,
verset 3). Le prophète (saw) se prosterna en signe de gratitude.
La Signification d'Ahl-ul-Bayt Expliquée :
L'expression "ma progéniture" mentionnée dans l'Adjuration signifie
les saintes personnes désignées par le verset coranique suivant : "(Ô
Prophète !) Je ne vous demande aucun salaire pour cela, si ce n'est votre
affection envers mes proches" (Sourate al-Chûrâ. verset 23). A la révélation
de ce verset on avait demandé au Prophète (saw) de nommer les personnes dont l'amour
était commandé. I1 nomma : `Alî, Fâtima, al-Hassan, al-Hussein. Les gens le
soupçonnèrent alors d'avoir nommé ses chers proches afin qu'ils soient considérés avec la crainte et le respect dus après sa mort.
C'est à propos de la fidélité, de l'amour et l'obéissance envers ces
personnes-là
que les gens seront interrogés le Jour du Jugement, lorsqu'il
sera demandé à chacun comment il s'est conduit envers elles, comment il a défendu
leur cause et comment il a soutenu leurs intérêts.
Ce sont les personnages déclarés purifiés et exempts de toute impureté.
Lorsque le verset coranique : "Ô vous, les Gens de la Maison ! Dieu veut
seulement éloigner de vous la souillure et vous purifier totalement"
(Sourate al-Ahzâb, XXXIII verset 33) fut révélé au Prophète
(saw), il se mit sous un
manteau avec `Alî, Fâtima, Hassan et Hussein, et déclara que sa Maison
(Famille) consistait en ces personnes seulement. Um Salma, sa femme, dans la
maison de laquelle la révélation était descendue, lui demanda d'être incluse
dans le groupe sous le manteau, mais elle essuya un refus poli. Depuis ce jour-là
ledit groupe reçut le surnom d'Açhdb a1-Kisb.
Ce sont ces personnes que le Prophète
(saw) compara au Bateau de Noé, dans lequel
ceux qui avaient embarqué furent sauvés, alors que ceux qui avaient cherché
secours ailleurs que dans ce Bateau furent noyés. Ces personnes faisaient partie intégrante de la Lumière Céleste dont fut créé
le Prophète.
Ce sont ces personnes pour les actions vertueuses desquelles Mohammad
(saw) fut félicité
par Allah, et en louange desquelles la sourate al-Dahr fut révélée. (Dans sa
traduction d'Al Koran, Sale fait suivre du commentaire suivant les versets 5-10
de la Sourate LXXVI , al-Dahr (A1- Insân).
5. Mais les justes boiront à une coupe (de vin), mélangé avec (de l'eau de)
Kawthar,
6. une fontaine à laquelle boiront les serviteurs de Dieu...
7. Ils tiennent leur promesse, et redoutent un Jour dont le mal sera répandu très
loin.
8. Ils nourrissent le pauvre,1'orphelin et le captif pour l'amour de Dieu, (en
disant):
9. "Nous vous nourrissons pour plaire à Dieu seul : nous n'attendons de
vous ni récompense ni gratitude;
10. Oui, nous redoutons, de la part de notre Seigneur, un jour menaçant (et)
calamiteux".
Note de Sale, tirée d'A1-Baydhâwi, sur les versets 7-10 : "On relate
qu'
al-Hassan et al-Hussein, les petits-fils de Mohammad, étant à un moment donné
malades tous les deux, le Prophète, entre autre, leur rendit visite. Les
visiteurs demandèrent à `Alî de faire un voeu à Dieu pour la guérison de
ses fils. Sur ce, `Alî, Fâtima et Fidhdhah, leur bonne, firent le voeu de jeûner
trois jours si les deux malades allaient mieux. Or, il arriva qu'ils guérirent
effectivement. La promesse fut accomplie avec un tel scrupule que le premier
jour, n ayant pas de provisions à la maison, fut obligé d'emprunter trois
mesures d'orge à un certain Siméon, un Juif de Khaybar. Fâtima en moulut une
mesure le même jour et cuisit cinq gâteaux pour le repas. Et alors qu'ils étaient
assis devant ces gâteaux pour rompre leur jeûne après le coucher du soleil,
un pauvre se présenta à eux. Ils lui donnèrent leur pain et passèrent la
nuit sans rien manger, se contentant de boire de l'eau. Le lendemain, Fâtima,
fit cuir une deuxième mesure pour la même raison, mais un orphelin les pria de
lui donner quelque chose à manger et ils lui offrirent leur repas, et passèrent
une deuxième nuit sans manger. La troisième jour ils donnèrent tout leur
repas à un captif affamé. A cette occasion Jibrîl révéla au Prophète la
sourate ci-dessus et informa Mohammad que Dieu le félicitait pour les vertus de
sa famille".
Rien d'étonnant donc à ce que le Prophète (saw) ait mis dans la même balance ces personnalités dépouillées de fautes et de pêchés et le Livre de Dieu - le Coran - et qu'il ait déclaré les deux Poids aussi lourds l'un que l'autre. `Alî (as) était le seul homme qui pouvait prétendre à une connaissance minutieuse du Coran.
LA KA'BAH en 1297 AH (1880)
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Il proclama tout haut qu'il invitait tout un chacun à lui demander quand, où et à quelle occasion chaque verset du Coran avait été révélé au Prophète, et la fameuse déclaration : "Je suis la Cité du Savoir, `Alî en est la Porte" ne peut que confirmer cette affirmation de `Alî. I1 en était de même pour al-Hassan (Un noble exemple de la générosité d'A1-Hassan et de son ardeur à satisfaire Dieu en accomplissant toutes les vertus mentionnées dans Ses commandements, se trouve dans le récit suivant, entre des milliers d'autres relatifs aux Saints descendants du Prophète: "Un serviteur d'al-Hassan Fils de `Alî fit tomber sur son maître un plat bouillant alors qu'il s'asseyait à table. Craignant la colère d'Al-Hassan, il tomba sur ses genoux et se mit à répéter ces mots : "Le Paradis est pour ceux qui refrènent leur colère". A1-Hassan répondit : "Je ne suis pas en colère". Le serviteur poursuivit : "Et pour ceux qui pardonnent aux gens". "Je te pardonne" dit al-Hassan. Le serviteur sembla toutefois décidé à finir le contenu de quelques versets coraniques en ajoutant : "Car Dieu aime les bienfaisants". "Puisque c'est ainsi, fit al-Hassan, je t'affranchis et je te donne quatre cents pièces d'argent". L'esclave citait les versets 133-134 de la Sourate III ; Âle `Imrân : "Hâtez-vous vers le pardon de votre Seigneur et vers un Jardin large comme les cieux et la terre, préparé pour ceux qui craignent Dieu; pour ceux qui font l'aumône, dans l'aisance ou dans la gêne; pour ceux qui maîtrisent leur colère; pour ceux qui pardonnent aux hommes - Dieu aime ceux qui font le bien"
Bien que le Prophète (saw) eût informé solennellement les
gens que la désignation de `Alî (as) comme "Le Gardien de tous les
croyants", était faite sur Commandement de Dieu, les gens continuèrent à
le soupçonner d'avoir attribué à `Alî (as) cette haute position sans avoir reçu
un ordre de Dieu dans ce sens.
Un incident survenu quelque temps après que le Prophète (saw)
eut fait l'Adjuration
mérite d'être mentionné : un homme nommé Hârith B. No`mân Fihrî (ou Nadhr
B. Hârith selon un autre hadith) refusa de croire le Prophète (saw)
et le soupçonna
d'avoir fait la proclamation par affection et amour pour `Alî (as). Il alla même
jusqu'à invoquer sérieusement la descente de la colère du Ciel sur lui-même,
si ces soupçons n'étaient pas fondés, prière qui fut rapidement exaucée,
lorsqu'une pierre tomba sur sa tête, le tuant sur-le-champ.
Conclusion en faveur de `Alî tirée de la Parole du Prophète
Le lecteur se rappelle sans doute les précédentes occasions lors desquelles le
Prophète déclara `Alî son successeur, tout d'abord le jour où il se proclama
publiquement Messager de Dieu en disant : "Ô fils de `Abdul-Muttalib !
Dieu n'a jamais envoyé un Messager sans qu'IL ait désigné en même temps son
frère, son héritier et son successeur parmi ses proches parents"; et
ensuite lorsqu'il déclara que `Alî "est à lui ce que Harûn fut à Mûsâ".
Ces propos du Prophète (saw) n'étaient pas une simple opinion personnelle qu'il
exprimait, comme en témoignent ces versets coraniques : "Il ne parle pas
selon son désir; mais exprime les Commandements qui lui sont révélés"
(Sourate al-Najm, 3-4). Cela signifie que lesdits propos étaient conformes aux
Commandements de Dieu. Et cette dernière déclaration faite devant des milliers
de gens était conforme aux précédentes déclarations, qui n'avaient jamais été
retirées ni abrogées pendant une période d'une vingtaine d'années.
Se fondant sur ce qui précède, une grande partie des Musulmans considéra `Alî
(as) comme étant sans aucun doute le successeur choisi et désigné du Prophète
(saw) depuis le début de sa mission prophétique. A cette dernière occasion, il eut
la distinction d'être pour les musulmans ce que le Prophète était pour eux :
à savoir que `Alî devait être traité en remplaçant (successeur) du Prophète
après sa mort. Chah Hassan Jaisi, un mystique sunnite a bien expliqué la
signification du terme "Mawlâ" dans sa stance qui peut se traduire
ainsi: "Vous courez ça et là pour chercher le sens de "Mawlâ".
Eh bien ! `Alî est "Mawlâ" dans le même sens que le Prophète est
"Mawlâ".
La distribution du Yémen
Bazhân, le Gouverneur du Yémen, étant décédé, le Prophète répartit, en
l'an onze (en tenant compte que l'année commence au mois de Mohanam) les
nombreuses provinces Hamdân, Marab, Najrân - qui étaient jusqu'alors unies
sous l'autorité de Bazhân, entre les différents gouverneurs de ce pays. Chahr
eut l'autorisation de détenir le gouvernement de Çan`â' et du territoire
environnant.
L'Ordre de l'Expédition vers la Syrie
Vers la mi-Çafar de l'an 12 (calculé en tenant compte qu'il commence au mois
de Moharram) un lundi, le Prophète ordonna à ses partisans de faire de rapides
préparatifs en vue d'une expédition contre les habitants de Mota, sur le
territoire romain, pour venger les courageux soldats musulmans qui y étaient
tombés en martyrs, dans une récente escarmouche. Le lendemain (mardi), il désigna
un homme, nommé Osâmah, pour le commandement de l'armée. Osâmah était le
fils de Zayd, l'esclave affranchi du Prophète, tué à Mota, et il n'avait que
dix-sept ou dix-huit ans. Le Prophète demanda à Osâmah de se dépêcher afin
qu'aucune information sur cette expédition ne parvienne à l'ennemi et que la
surprise fût totale. "Surprends-le, lui dit-il et si le Seigneur t accorde
la victoire, reviens ici sans délai".
Le mercredi, une violente attaque de mal de tête et de fièvre s'empara du Prophète (saw), mais le lendemain matin (jeudi), il se trouva suffisamment rétabli pour préparer un drapeau de ses propres mains, et il le remit à Osâmah, comme drapeau de l'armée. Le camp fut ensuite installé à Jorf, à cinq kilomètres de Médine, sur la route de la Syrie.
La Dernière Maladie du Prophète (saw)
La fièvre du Prophète
(saw) revint à la charge dans la maison de Maymûnah, avec des accès occasionnels d'évanouissement. Toutes ses femmes
et tous ses parents se rassemblèrent pour le voir. On lui conseilla de ne plus
se déranger pour rendre visite à tour de rôle à toutes ses femmes, comme il
le désirait, et de rester tranquille dans un même endroit pendant sa maladie.
La maison de `Âïcha fut proposée et admise à ce propos, d'une façon
unanime. Le Prophète
(saw), la tête bandée et les vêtements mis hâtivement autour
de son corps, fut conduit à la demeure de `Âyechah, soutenu par al-Fadhl, le
fils d'al-`Abbâs d'un côté, par `Alî son cousin et fils adoptif de l'autre.
Selon le récit fait par `Âïcha, celle-ci affirme que le Prophète
(saw) était
soutenu d'un côté par al-Fadhl, de l'autre par une autre personne. Elle répugnait
à citer le nom de `Alî (as), en raison du sentiment d'inimitié qu'elle éprouvait
pour lui.
Hâter l'Expédition vers la Syrie
Bien que la maladie du Prophète (saw) s'aggravât de jour en jour, elle ne le confina
toutefois pas totalement à la maison. Il maintint l'habitude d'aller chaque
jour au Masjid par la porte de son appartement donnant sur la cour, pour diriger
la prière. Une semaine après avoir appelé ses hommes à préparer l'expédition
vers la Syrie, il s'aperçut qu'ils ne s'empressaient pas d'aller au camp de
rassemblement à Jorf. Il était en colère d'entendre les gens dire : "Il
choisit un adolescent pour commander le chef des Muhâjirin". Un jour, après
la prière, il s'assit sur la chaire, la tête toujours bandée avec une
serviette, et s'adressa ainsi à l'assistance : "Ô vous les hommes !
Qu'est-ce que cela veut dire ? On dit que certains d'entre vous grognent contre
le fait que j'aie nommé Osâmah pour le commandement de l'expédition vers la
Syrie. Si vous me reprochez maintenant cette nomination, désormais vous me blâmerez
aussi pour la nomination de son père, Zayd. Je voudrais que vous le traitiez
bien, car il est l'un des meilleurs d'entre vous. Maudit soit celui qui
s'abstient de rejoindre l'armée". I1 demanda ensuite que l'expédition
fasse mouvement le plus tôt possible, et quittant la chaire, il rentra chez
lui.
Avertissement aux Muhâjirîn et aux Ançâr
Un autre jour, toujours après la prière, il dit à l'assemblée : "Le
Seigneur a donné à Son serviteur le choix de continuer dans cette vie, alors
qu'elle est pour lui ténèbres. Quant à moi, j'ai choisi l'autre vie. Tous les
autres Prophètes moururent avant moi. Vous ne devriez pas vous attendre à ce
que je vive éternellement". Après un moment de silence, il poursuivit :
"Vous 1es Ançâr ! Traitez bien ceux à qui vous avez donné refuge. Et
vous les Muhdjirîn ! Les Ançàr me sont sûrement chers, car c'est parmi eux
que j'ai trouvé refuge. Honorez-les donc et traitez-les bien". Puis, il récita
la Sourate CIII : al-`Açr : "Par le temps ! Oui, l'homme est en perdition, sauf
ceux qui croient; ceux qui accomplissent des œuvres bonnes; ceux qui se
recommandent mutuellement 1a Vérité, ceux qui se recommandent mutuellement la
patience", et le verset 22 de la Sourate XLVII ; Mohammad : "Que peut-on
attendre de vous, si vous déteniez l'autorité, sinon semer la corruption sur
la terre et rompre vos liens de parenté". I1 mit ainsi en garde ses
Compagnons contre leurs desseins malicieux.
Le Prophète
(saw) Empêché de Transcrire sa Volonté
Le Jeudi précédant sa mort, et alors que beaucoup de ses principaux Compagnons
étaient présents dans la chambre, le Prophète
(saw), étendu sur son lit, demanda
qu'on lui apportât ce qu'il fallait pour écrire quelque chose:
"Apportez-moi du papier et de l'encre afin que je puisse consigner pour
vous un document qui vous évitera de retomber dans 1'erreur". `Omar
s'interposa immédiatement ainsi : "L'homme est en délire. Le Livre de
Dieu (Une grande partie des Musulmans considère cette phrase de Omar comme un
geste de séparation de l'orthodoxie établie par le Prophète qui avait ordonné
à tout le monde de suivre le Coran et sa Famille, en déclarant : "Je vous
laisse deux grands Préceptes dont chacun dépasse l'autre en grandeur : le
Livre de Dieu et ma Famille. Ils ne se sépareront pas jusqu'à ce qu'ils me
rencontrent au Paradis") nous suffit". Quelques-uns parmi l'assistance
dirent qu'il fallait apporter le nécessaire pour écrire; d'autres se rangèrent
du côté de `Omar. La discussion s'anima et des voix s'élevèrent très haut
pour contrarier le Prophète. Les dames derrière les rideaux voulurent fournir
le matériel de l'écriture mais `Omar les rabroua : "Silence ! dit-il.
Vous êtes comme les femmes de l'histoire de Joseph. Lorsque votre maître tombe
malade, vous fondez en larmes et dès qu'il va un peu mieux, vous vous mettez à
faire des taquineries". Ayant entendu ces propos, le Prophète
(saw) dit :
"Ne les grondez pas : Elles valent sûrement beaucoup mieux que vous
cependant". Maintenant quelques personnes se mirent à demander au Prophète
ce qu'il désirait enregistrer. Mais le Prophète récita sur un ton de colère
le verset 2 de la sourate al-Hujurât (I1 est dit que ce verset fut descendu à
la suite d'une dispute entre Abû Bala et Omar concernant la nomination du
gouverneur d'une ville, au cours de laquelle ils élevèrent la voix si haut en
présence du Prophète qu'on pensa qu'il convenait d'interdire de telles indécences
dans l'avenir (Sale). Le non-respect de ce Commandement conduit le Prophète à
rappeler l'avertissement à cette occasion) ( "Ô vous les croyants ! N'élevez
pas la voix au-dessus de celle du Prophète. Ne lui adressez pas la parole à voix haute, comme vous le faites entre vous, de crainte que vos
œuvres ne
soient vaines, sans que vous vous en doutiez"). Et dit :
"Allez-vous
en ! Laissez-moi seul ! Car ma condition présente est meilleure que celle à
laquelle vous m'appelez". Après avoir marqué une pause, il poursuivit :
"Mais faites attention aux trois injonctions suivantes : un, chassez tout
Infidèle de la Péninsule; deux, recevez avec hospitalité les délégations et
offrez-leur le repas avec largesse, de la même façon que je le faisais".
Quant à la troisième injonction, on dit qu'elle a été oubliée par le
narrateur ou que sa mention a été omise.
Ibn `Abbâs se lamenta sur l'irréparable perte subie par les Musulmans ce
Jeudi, par suite de l'empêchement du Prophète d'écrire ce qu'il voulait pour
la guidance de ses adeptes. Se rappelant cet événement, il pleura jusqu'à ce
que ses joues et sa barbe fussent mouillées par ses larmes.
La maladie du Prophète s'aggravait chaque jour un peu plus et il en était très
conscient. L'expédition de Syrie le préoccupait cependant sérieusement. Il
continua à dire à ceux qui l'entouraient : "Envoyez rapidement 1'armée
d'Osâmah".
Abû Bakr Conduit la Prière
C'est un fait admis que jusqu'au soir du Jeudi précédant son décès, le Prophète
(saw) continua à aller au Masjid pour diriger les prières à toutes les occasions.
Mais la nuit de ce Jeudi-là, on dit qu'il ne put présider à la congrégation.
I1 y a beaucoup de hadiths qui affirment que c'est Abû Bakr qui conduisit la
prière de nuit ce jour-là. On dit qu'à dix-sept reprises, le Prophète (saw)
recommençant à faire la prière de la nuit du Jeudi précédant sa mort, et ne
pouvant pas présider à la congrégation au Masjid, commanda à Abû Bakr de
diriger la prière. I1 est admis également que le matin du jour de sa mort, le
Prophète (saw) alla au Masjid, s'assit à côté d'Abû Bakr qui présida à
l'assemblée et que lorsque les prières prirent fin, le Prophète (saw)
fit un sermon
du haut de la chaire avec une voix si puissante que sa portée dépassa de très
loin les portes extérieures du Masjid.
Voici une tradition concernant ce fait: "A l'heure de la prière de nuit du
Jeudi, le Prophète (saw) donna l'ordre de demander à Abû Bakr de diriger les prières.
`Âyechah dit alors : "Ô Prophète! Abû Bakr a le coeur fragile. Ordonne
plutôt que `Omar dirige les prières". Le Prophète (saw)
consentit à cette
demande, mais `Omar en recevant l'ordre du prophète (saw)
objecta qu'il ne pouvait
pas remplacer Abû Bakr tant qu'il était présent. Finalement ce fut Abû Bakr
qui dirigea les prières. Dans l'intervalle, le Prophète (saw)
se sentant
suffisamment rétabli, vint au Masjid. Abû Bakr ayant vu le Prophète (saw)
arriver,
s'apprêta à regagner sa place dans l'assemblée, pour laisser le lieu libre
pour le Prophète (saw). Mais ce dernier le retint par ses vêtements et lui ordonna
de rester là où il était et il prit place à côté de lui, et se mit à réciter
alors qu'Abû Bakr dirigeait la prière".
Ibn Khaldûn dit qu'à dix-sept reprises le Prophète (saw)
dirigea de la même manière
les prières d'Abû Bakr en étant assis à côté de lui alors que la congrégation
était dirigée par ce dernier.
Selon une autre tradition, le Prophète (saw) avait ordonné à`Abdullâh Ibn Zam`ah de demander aux membres de la congrégation de lire eux-mêmes
les récitations des prières. Alors que `Abdullâh se dirigeait vers le Masjid,
`Omar fut le premier à le rencontrer. Aussi lui demanda-t-il de diriger les prières.
`Omar se mit alors debout et de sa voix puissante il commença à réciter la
formule préparatoire à la prière, "Allâhu Akbar". Le Prophète (saw)
entendant la voix de `Omar depuis son appartement s'écria : "Non ! Non !
Ne laissez personne d'autre qu'Abû Bakr diriger les prières". `Omar se
retira et désapprouva la conduite de Zam`ah. Celui-ci reconnut alors que le
Prophète (saw) ne lui avait nommé aucune personne en particulier pour conduire les
prières.
Une troisième tradition affirme: "Lorsque l'heure de la prière en assemblée fut arrivée, le Prophète demanda
(saw) de l'eau pour faire ses ablutions. Mais essayant de se lever, ses forces le trahirent au point qu'il commanda qu'Abû Bakr récite les prières dans la congrégation. Et ayant donné cet ordre, il s'évanouit. Dès qu'il reprit connaissance, il demanda si Abû Bakr avait bien reçu son ordre. `Âïchah répondit qu'Abû Bakr avait le cœur tendre, qu'il pleurerait et que les gens entendraient difficilement sa voix; bref, qu'Omar conviendrait mieux, s'il recevait l'ordre de diriger les prières. Mais le Prophète
(saw) réitéra
l'ordre qu'Abû Bakr récite les prières à la congrégation. `Âïchah recommanda encore `Omar pour cette tâche, mais le Prophète voulait que personne d'autre qu'Abû Bakr ne fasse les récitations. Ensuite, sur l'insistance de Âyechah, on exhorta le Prophète à autoriser `Omar à présider à la congrégation. Contrarié et irrité, le Prophète s'exclama: "Vraiment vous êtes pareils
aux femmes stupides de l'histoire de Joseph! Faites exécuter tout de suite
l'ordre que j'ai donné". L'ordre fut donné et Abû Bakr se mit à réciter le Takbîr. Dans l'intervalle, le Prophète
(saw) ayant récupéré ses forces, était venu au Masjid, soutenu par `Alî et `Abbâs. Lorsqu'Abû Bakr entendit le bruissement des vêtements du
Prophète (saw), il s'apprêta à revenir en arrière pour se ranger parmi la congrégation, mais le Prophète
(saw) lui ordonna de rester à sa place et il s'assit à côté de lui. Ainsi, dans la prière, Abû Bakr fut dirigé par le Prophète
(saw)et la congrégation par Abû Bakr.
Selon une tradition, Hafçah avait donné l'ordre à Bilâl de faire en sorte que son père (`Omar) dirigeât les prières publiques. A la suite de quoi, Mohammad la réprimanda et dit: "Elle est comme les femmes de l'histoire de Joseph". Et d'ajouter : "Dis à Abû Bakr de diriger les prières, car vraiment, si je n'en fais pas mon député, les gens ne lui obéiront pas (K. Wâqidî, p.145, cité par Muir, Vol. IV, p. 266).
"On dit qu'Abû Bakr dirigea les prières pendant trois jours avant le décès du Prophète. Selon une autre tradition, il dirigea les prières à dix-sept occasions, ce qui équivaudrait à trois jours et une partie du quatrième" (K. Wâqidî, p.145, cité par W. Muir, Vol. IV, p. 264).
Il ressort des différentes traditions précitées que le Prophète sortit jusqu'au dernier jour de sa vie au Masjid et dirigea lui-même les prières. I1 est raisonnable aussi de penser, que le Prophète ayant déjà donné l'ordre à Abû Bakr de partir avec l'armée de Osâmah et invoqué la malédiction contre qui conque négligerait d'exécuter l'ordre de rejoindre l'armée n'eût pas pu en même temps lui donner l'ordre de présider aux Prières Publiques à Médine ce qui aurait supposé qu'Abû Bakr se fût trouvé à Médine, contrairement à son ordre précédent qu'il ne retira pas jusqu'à sa mort.
On dit que le droit de présider à une prière publique était toujours reconnu
comme le signe manifeste du chef du pouvoir séculier. Si Abû Bakr avait été
vraiment désigné pour présider aux Prières Publiques, les Ançâr qu'on prétend
s'être rassemblés à Saqîfah pour choisir un Calife alors que le corps du
Prophète n'avait encore été ni lavé ni enseveli, n'auraient pas osé
entreprendre si hâtivement cette initiative en infraction avec un si récent
ordre du Prophète, négligeant à ce point le fait que la prétendue désignation
d'Abû Bakr pour diriger les prières aurait signifié qu'il avait été investi
de l'Autorité Suprême.
Une grande partie des Musulmans infèrent donc d'une manière probante que
l'imamat d'Abû Bakr fut imaginé après coup afin de justifier son accession au
Pouvoir Suprême après la mort du Prophète.
Un autre jour, le Prophète s'adressa au peuple, après les prières, dans les
termes suivants: "Frères ! Si j'ai causé injustement à quiconque d'entre
vous un mal, je soumets mes épaules d sa vengeance. Si j'ai calomnié la réputation
de quiconque d'entre vous, qu'il vienne relever mes fautes devant l'assemblée.
Si je dois quoi que ce soit à quiconque, qu'il s'avance pour me réclamer son dû,
le peu que je possède servira à m'acquitter. Je préfère subir un affront dans
ce monde plutôt que dans l'autre". Et le Prophète (saw)
d'ajouter : "Je
n'ai rendu légal que ce que Dieu avait rendu légal, et je n'ai interdit que ce
que Dieu avait prohibé".
Un homme sortit des rangs de l'assistance et réclama trois dirhams qui lui
furent payés tout de suite. Après quoi, le Prophète rentra à la maison.
Dans la nuit du Samedi, la maladie du Prophète prit un tournant sérieux, et la
fièvre, dit-on, ne diminua pas jusqu'au Dimanche soir. Dimanche, Osâmah sortit
de son camp pour recevoir les bénédictions du Prophète (saw)
avant son départ pour
la Syrie, mais au moment de sa visite le Prophète était inconscient et évanoui.
Osâmah lui parla, mais le Prophète ne lui répondit que par un mouvement de la
main qu'Osâmah prit entre les siennes. Puis baisant la main et le front du
Prophète, Osâmah retourna à son camp.
La Dernière Prière et le Dernier Sermon du Prophète dans son Masjid
Tôt le lundi matin (le jour de Sa mort), le Prophète, toujours la tête bandée,
sortit au Masjid, soutenu par deux hommes. Après les prières, il fit un court
sermon, d'une voix qu'on entendait au-delà des portes extérieures du Masjid,
lequel était inhabituellement rempli par les gens anxieux qui étaient venus
s'enquérir de son état après la crise de la nuit précédente. Dans son
sermon, le Prophète dit que les esprits malfaisants étaient proches et que la
plus noire partie d'une nuit noire et tempétueuse s'approchait. A la fin du
sermon, Abû Bakr dit: "Ô Prophète ! Par la Grâce de Dieu, tu es mieux
aujourd'hui !" Osâmah était lui aussi présent, pour recevoir les bénédictions
du Prophète qui lui dit : "Dépêche-toi avec ton armée; que la bénédiction
de Dieu soit avec toi". Osâmah retourna au camp et donna l'ordre du départ
le même jour. Abti Bakr revint chez lui à al-Souh.
La Mort du Prophète
(saw)
Le Prophète (saw) regagna sa maison et, exténué, se jeta sur son lit. Ses forces le
lâchèrent rapidement. I1 appela toutes ses femmes près de lui et leur donna
les instructions nécessaires en leur ordonnant de rester tranquilles dans leurs
maisons et de ne pas se montrer dans un état de l'Epoque de l'Ignorance
(Sourate al-Ahzâb, verset 33). Fâtima (as), sa fille bien-aimée pleurait. Il
l'appela, la fit asseoir à côté de lui et chuchota quelques mots dans son
oreille. Elle fondit en larmes. Le Prophète (saw) glissa encore quelques mots dans
son oreille et essuya ses larmes avec ses mains. Elle parut alors réconfortée
et sourit. Puis il appela al-Hassan (as) et al-Hussein (as), ses deux fils chéris qu'il
n'avait cessé de caresser dans son giron depuis des années, voulant les
embrasser pour la dernière fois. Al-Hassan (as) posa son visage sur celui du Prophète
(saw) et al-Hussein (as) se jeta sur sa poitrine. Chacun d'eux se mit à sangloter et à
crier avec une telle amertume que toute l'assistance vit leurs larmes perler
dans leurs yeux. Le Prophète
(saw) les étreignit et les embrassa avec beaucoup
d'affection et ordonna à toutes les personnes présentes de les traiter, ainsi
que leur mère avec grand amour et respect, exactement comme il les traitait
lui-même (le Prophète
(saw) avait l'habitude de se lever et de faire un ou deux pas
en direction de Fâtima (as) chaque fois qu'il la voyait venir vers lui. Il
l'accueillait toujours avec une joie manifeste. Puis baisant sa main, il la
faisait asseoir à sa propre place). Ensuite, il appela `Alî (as) qui prit place près
du lit. Le Prophète
(saw) lui ordonna de rendre la somme qu'il avait empruntée à un
certain Juif pour couvrir les frais de l'expédition d'Osâmah, et lui enjoignit
d'endurer avec patience et résignation les troubles auxquels il serait confronté
après sa mort. I1 lui demanda de rester patiemment sur son droit chemin menant
à l'autre monde, lorsqu'il constaterait que les gens se trouveraient sur celui
menant vers le monde d'ici-bas. Le Prophète
(saw) prit la tête de `Alî (as) sous son
manteau qui les couvrit tous deux, et ce jusqu'à ce que `Alî
(as)ait sorti sa tête
pour annoncer la mort du Messager de Dieu.
Ibn Sa`d et al-Hâkim ont noté que le Prophète
(saw) avait rendu le dernier soupir,
sa tête dans le giron de `Alî (Madârij al-Nubuwwah). Les derniers mots
prononcés par le Prophète
(saw), selon `Alî (as) furent : "La compagnie bénie dans
1e Ciel. Les prières", après quoi il s'est étiré doucement, et puis
tout a été fini. Que la paix éternelle soit sur lui et sur les membres de sa
famille qui se sont sacrifiés pour la cause de l'Islam et qui nous ont dirigés
sur le droit chemin. Fâtima, se frappant le visage et se lamentant d'amertume
rejoignit les autres femmes qui gémissaient bruyamment. C'était à peine midi
passé, le Lundi 2 Rabî` I de l'an onze (calculé en commençant par le mois de
Moharram), que le Prophète
(saw) rendit l'âme, à l'âge de soixante-trois ans. Les
autres dates de la mort du Prophète
(saw), signalées par d'autres sources sont le 28
Safar et le 12 Rabî`I. Le jour de son décès retenu unanimement est cependant
un lundi.
Selon une tradition, avant la mort du Prophète
(saw), quelqu'un avait demandé la
permission de lui rendre visite, alors qu'il se trouvait dans un état
d'inconscience. Fâtima (as) répondit au visiteur que le moment ne convenait pas à
une telle intrusion. Sans prêter attention à la réponse, le visiteur avait
demandé encore la permission de se rendre auprès du Prophète, et Fâtima (as)
lui
répondit de la même façon. Il réitéra sa demande une troisième fois sur un
ton si horrible que Fâtima (as) en fut terrifiée. Jibrîl (l'ange Gabriel) qui était
descendu en ce moment-là pour visiter le Prophète dit à ce dernier : "Ô
Prophète ! C'est l'ange de la Mort. I1 te demande la permission d'entrer.
Jamais auparavant, il n'a demandé la permission à aucun homme, et jamais par
la suite il ne fera preuve d'une telle sollicitude envers aucun autre". Le
Prophète demanda alors à Fâtima (as) de le laisser entrer. L'ange de la Mort
entra et s'arrêtant devant le Prophète, dit : "Ô Prophète du Seigneur !
Dieu m'a envoyé à toi et m'a donné l'ordre d'agir selon ton désir.
Ordonne-moi d'arracher ton âme, je le ferai; ou bien ordonne-moi de la laisser,
et je t'obéirai". Alors, Jibrîl s'interposa : "Ô Ahmad ! Le
Seigneur te désire (auprès de LUI)". "Vas-y donc, dit le Prophète
à l'ange de la Mort, et fais ton travail". Jibrîl fit ses adieux au Prophète
dans ces termes : "Que la paix soit sur toi Ô Prophète du Seigneur ! Ma
descente sur terre se termine avec toi". Le Prophète en décida ainsi et
un gémissement de voix céleste s'éleva du convoi funèbre invisible.
La nouvelle de la mort du Prophète (saw) se répandit vite dans toute la ville de Médine
et les gens affluèrent vers le Masjid de toutes parts pour savoir la vérité.
Abû Bakr se trouvait dans sa maison, à al-Sonh dans la banlieue de Médine. `Âïcha
envoya Salim B. Abid pour le chercher tout de suite.
`Omar Joue une Scène Bizarre
Entre-temps une scène bizarre se jouait dans le Masjid. En effet, à peine après
la mort du Prophète, `Omar entra dans l'appartement du Prophète (saw)
et enlevant le
drap qui couvrait son corps, regarda fixement les traits du Prophète (saw), lequel
semblait tombé dans un sommeil paisible. Remettant doucement la couverture sur
le corps, il s'exclama : "le Prophète n'est pas mort i1 est parti auprès
de Son Seigneur, comme l'avait fait avant lui Mûsà, pour s'absenter pendant
quarante jours. Il retournera parmi nous encore". Brandissant son épée,
il s'écria : "Je couperai la tête de quiconque oserait dire que le Prophète
est mort". Alors que `Omar haranguait les gens de cette façon, Abû Bakr
apparut. I1 écouta `Omar pendant un moment, puis emprunta la porte de
l'appartement de `Âïcha, où il enleva à son tour le drap couvrant le corps
du Prophète, se pencha sur lui et l'embrassa sur le front. Puis en posant la tête
sur ses mains, il la leva légèrement et scruta les traits du visage
minutieusement. Puis, reposant la tête doucement sur l'oreiller, il s'exclama:
"Oui, doux tu étais dans 1a vie et doux tu es dans la mort. Hélas mon maître
! Tu es effectivement mort". Recouvrant le corps, il s'avança et se
dirigea tout de suite vers l'endroit où `Omar brandissait son épée et
haranguait les gens. "Calme-toi `Omar ! Assieds-toi !" s'écria-t-il.
Mais `Omar ne l'écouta pas. I1 se tourna alors vers l'assistance et dit:
"Avez-vous déjà oublié le verset coranique qui avait été révélé au
Prophète après le jour d'Ohod ( "Mohammad n'est qu'un Prophète; des
prophètes sont morts avant lui. Retourneriez-vous sur vos pas, s'il mourait ou
s'il était tué ?", (Sourate Âle `Imrân, verset 144). Et ignorez-vous
l'autre verset coranique révélé au Prophète : "Tu vas sûrement mourir,
(Ô Mohammad) et eux aussi vont mourir" (Sourate al-Zomar, 30). Et Abû
Bakr de poursuivre : "Que celui qui adore Mohammad sache que Mohammad est
vraiment mort, mais que celui qui adore Dieu sache que Dieu est immortel : IL est
vivant et ne meurt pas". La vérité étant à présent connue,
l'assistance se mit à pleurer à chaudes larmes. On eût dit que les gens
n'avaient jamais eu connaissance auparavant de ces versets coraniques, puisqu'on
dut les leur répéter. `Omar lui-même, en les entendant fut frappé d'horreur.
Plus tard il dira qu'ayant entendu Abû Bakr réciter les dits versets, il se mit
à trembler et s'écroula, et qu'il sut après avec certitude que le Prophète (saw)
était vraiment mort. Om Aymân avait envoyé un messager à son fils Osâmah à
Jorf pour l'informer de la condition critique du Prophète. Osâmah avait déjà
donné l'ordre à l'armée de se mettre immédiatement en marche et son pied était
sur l'étrier lorsque le messager de sa mère arriva. Abasourdi par la nouvelle,
Osâmah dispersa l'armée et retourna à Médine précédé par Boraydah B.
al-Haçib, son porte-drapeau qui se dirigea directement vers le Masjid où il
planta l'étendard à la porte de la maison dans laquelle le Prophète était étendu
mort.
Peu après ces péripéties, dans l'après-midi, un ami vint précipitamment
vers Abû Bakr et `Omar au Masjid pour les informer que plusieurs notables de Médine
s'étaient réunis dans Saqîfah Banî Sâ`idah et qu'ils étaient en train d'élire
comme dirigeant Sa`d B. `Obâdah. "Si vous voulez détenir l'Autorité Suprême,
vous n'avez pas un moment à perdre, et vous devez arriver là-bas avant que
l'affaire soit réglée et que l'opposition devienne dangereuse", leur
dit-il. Ayant entendu cette nouvelle, Abû Bakr et `Omar accoururent à Saqîfah
en compagnie d'Abû `Obaydah et de plusieurs autres personnes.
Le Lavage Rituel et l'Enterrement du Prophète. Entre-temps, `Alî (as), ignorant ce qui se tramait à l'extérieur était occupé, à l'intérieur de la maison, à la préparation du lavage du corps du Prophète, en compagnie de `Abbâs et de ses deux fils, Fadhl et Qutham, ainsi que d'Osâmah et Çâleh ou Charqân. Ayant fermé la porte de l'appartement et arraché un rideau d'un drap de tissu du Yémen, ils y mirent le corps pour le laver. `Alî (as) était la seule personne désignée par le Prophète (saw) pour laver son corps (comme il l'avait d'ailleurs prédit lorsqu'il avait donné le premier bain à `Alî (as)au moment de sa naissance) puisqu'il avait dit que tout personne autre que `Alî (as) qui regarderait sa nudité serait aveugle sur-le-champ. Ainsi `Alî (as) lava le corps et les autres l'aidèrent. Après le lavage du corps, ils l'amenèrent dehors et ils le revêtirent des vêtements dans lesquels il était mort. Deux draps de beau tissu blanc furent enroulés autour du vêtement et au-dessus de tout cela fut posé un drap de tissu rayé du Yémen. Puis vint le moment de la prière sur le corps. Tout d'abord les proches parents, suivis par les Partisans et les Compagnons du Prophète (saw), entrèrent dans la maison par groupes de dix personnes à la fois, et prièrent sur lui. Le corps resta ainsi jusqu'au moment de l'enterrement. |
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Les gens tombèrent en désaccord quant au lieu d'enterrement du Prophète (saw). La
question fut tranchée par `Alî (as) qui affirma avoir entendu le Prophète dire que
là où un Prophète meurt il doit être enterré. A Médine, il y avait deux
fossoyeurs, Abû `Obaydah al-Jarrâh qui creusait les tombes des Mecquois et Abû
Talhah Zayd B. Sâhel qui creusait les tombes des Médinois. `Abbâs envoya un
homme pour les chercher tous les deux. Abû `Obaydah n'était pas chez lui, étant
donné qu'il se trouvait avec Abh Bakr et `Omar à Saqîfah, occupé aux
questions du Califat (la succession du Prophète (saw)); donc on ne pouvait pas faire
appel à ses services. Abû Talhah vint et creusa le tombeau du Prophète.
L'enterrement eut lieu le mardi dans la nuit, ou le mercredi, tôt le matin. Le
corps fut descendu dans le tombeau par les mêmes proches parents qui l'avaient
lavé et transporté dehors. `Alî fut la dernière personne à quitter l'intérieur
du tombeau. Le Lahad, ou la voûte, une fois refermé, le tombeau fut rempli de
terre arrosée d'un peu d'eau. Les gens quittèrent alors la tombe et se dirigèrent
vers la maison de Fâtima (as) pour la consoler dans son deuil. `Âïcha continua
à vivre dans la chambre contiguë à celle qui abritait le tombeau.
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